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Mercredi 8 septembre
(Par Hervé Bodin. Photos : M. Guéguen et Hervé Bodin)
Lourdes, R.A.S. ?
Mercredi 8 septembre. A Lourdes, on a passé une fête de la nativité de la Vierge très ordinaire", serait peut-être tenté de dire un observateur distrait... Et pourtant !
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Lourdes, rue Saint-Frai, 7 h 45. Un petit regard sur le programme de ce 4e jour de pèlerinage du diocèse de Quimper et Léon : le matin, chemin de croix en breton et messe internationale à la basilique Saint-Pie X ; l'après-midi, chemin de croix pour les personnes valides, quarante personnes malades doivent se rendre aux piscines, les autres seront accompagnées pour flâner dans les rues de Lourdes afin d'effectuer leurs achats... une catéchèse de Mgr Le Vert est prévue à 17 h 30 et la procession mariale menée par le diocèse aura lieu à 21 heures.Alors oui, ce mercredi 8 septembre, la messe internationale, les divers chemins de croix, la procession mariale... ont bien eu lieu. Mgr Le Vert, quant à lui, a entretenu les pèlerins finistériens au sujet de Mission 2012, la grande démarche spirituelle que s'apprête à vivre pendant deux années notre diocèse... Et le 8 septembre, dans le même temps, des milliers de personnes, de toutes nationalités, se sont encore recueillies devant les reliques de saint Bernadette (à la Crypte), sont allées à la rencontre d'un prêtre afin de recevoir le sacrement de réconciliation... Un flot ininterrompu de pèlerins a continué à se présenter au pied de la Vierge. Lourdes, RAS, serait-on tentés de dire. Ici, l'extraordinaire n'est-il pas devenu quotidien ?
"Toi, Monsieur, tu m'as déjà baigné"
Aujourd'hui encore, pourtant, chacun a continué à mener à bien ses activités, à remplir ses missions A 13 h 20, Noëlle Le Goff, directrice des pèlerinages du diocèse de Quimper, et son adjoint Dominique Caro, ont pu rencontrer un instant Francis Diaz, le responsable du service de planification des sanctuaires, et lui toucher un mot au sujet d'une erreur qui s'est glissée, du côté de l'administration des sanctuaires, dans les dates du pèlerinage finistérien de... 2012. De 14 à 16 heures, Jeanne Hily (déléguée des pèlerinages pour Landerneau-Daoulas) et Christiane Sparfel (Pencran) ont assuré leur tour de garde à l'accueil de la permanence du pélé breton. Il était 16 heures lorsque le responsable diocésain de la communication apportait des sons à Radio Présence (au dessus du musée Sainte-Bernadette), afin de pouvoir les transmettre à Radio Rivages... Dès ce soir, les Finistériens sauront ainsi ce qui se passe à Lourdes. A l'accueil Saint-Frai, personnes malades et hospitaliers n'ont pas manqué de fêter leur anniversaire à Guy, l'hospitalier, et à Jean-Luc, 40 ans...
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Une matinée à la grotte
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| Lourdes 2010. Diaporama réalisé par Albert Le Gall sur le thème du signe de la croix. |
Ça y est ! Mgr Jean-Marie Le Vert a rejoint lundi midi le pèlerinage de son diocèse à Lourdes (les jours précédents, il avait été retenu en Finistère par le grand pardon du Folgoët). À la Cité Saint-Pierre, l'évêque du diocèse de Quimper et Léon a, lui aussi, vu quelques-uns de ces gestes, entendu certaines de ces paroles qui ne peuvent laisser indemnes ceux qui les voient ou les entendent.
Cette image restera certainement dans les mémoires et dans les cœurs. Cela s'est passé hier à Lourdes, à la Cité Saint-Pierre. Il était un peu plus de 10 h 30 dans le bois Saint-François, là où était célébrée la messe de ce deuxième jour du pèlerinage diocésain. Des représentants des divers pays finistériens apportaient à l'autel des présents, souvent des spécialités culinaires de leurs localités (ces spécialités ont ensuite été offertes aux bénévoles et aux personnes démunies de la Cité Saint-Pierre). Marguerite Le Berre, une Landernéenne aveugle de naissance, a apporté une couverture qu'elle a elle-même tricotée au cours de l'année. Elle l'a remise au père Guy Auffret. Le prêtre s'est alors penché vers elle, l'a embrassée et, pendant quelques instants, sa tête s'est doucement, très doucement posée sur son front. Michel Guéguen, le photographe de l'Hospitalité diocésaine, a réussi à saisir ce pur instant de grâce, cet instant d'amitié et de charité toute chrétienne (cf. le diaporama de ce jour)...
Mais au fil de ce pèlerinage, il n'est que d'observer avec un peu d'attention les pèlerins, les hospitaliers, les personnes malades et handicapées pour saisir tant d'autres gestes semblables : une main apaisante posée sur le bras d'un malade, le sourire lumineux qu'adresse une jeune femme lourdement handicapée à une personne qui lui parle... "Regardez comme ils s'aiment", pourrait constater ici, certainement étonné, un non chrétien.
Il y eut aussi Lucienne, de Bannalec
Les gestes sont forts, les paroles aussi. Celles de Georges Binh-Cirlot, par exemple. Le responsable de l'animation et du bénévolat de la Cité Saint-Pierre, a rappelé que ce lieu, situé au-dessus de la cité mariale, avait été créé en 1955 par Mgr Rodhain. Ce faisant, le fondateur du Secours catholique avait répondu positivement à une demande que Mgr Théas, évêque de Tarbes, lui avait faite : celle de créer un endroit où pourraient être accueillis les pèlerins les plus démunis. Vingt mille personnes viennent à présent ici tous les ans. Un million de pèlerins et de bénévoles ont été accueillis depuis 1955. (Notons que, lors du pèlerinage diocésain 2010, une délégation de 55 membres du Secours catholique du Finistère participe aussi à un pèlerinage un peu spécifique, appelé : "pèlerinage de l'Espérance").
Et puis, parmi les témoins de ce lundi après-midi, il y eut aussi Lucienne, de Bannalec. Handicapée de naissance, elle a raconté de quelle manière elle s'était toujours investie en Église... à quel point le pèlerinage diocésain de Lourdes lui avait toujours donné la force nécessaire pour continuer à avancer (depuis 1950, à deux ou trois exceptions près, elle n'a cessé d'y revenir chaque année).

Lourdes un dimanche sous le signe de la fraternité
10h30. Tous les pèlerins du Finistère sont rassemblés dans l'église Sainte-Bernadette pour la célébration d'ouverture. Des représentants de tous les doyennés, des hospitaliers, des personnes malades du groupe du Secours Catholique viennent se présenter. Ils évoquent toutes les personnes qu'ils viennent porter dans leur prière à Lourdes. Ils mentionnent aussi les difficultés de tel ou tel secteur de l'économie de notre département. Une grande croix de 4 mètres de haut, réalisée par Pierre Bégoc (un artisan menuisier à la retraite, de Saint-Renan), est dressée dans le chœur. Chacun vient accrocher de grandes banderoles de couleurs avec des mots comme : force, paix, pardon, amour...
Dans son homélie, le père Guy Auffret, curé doyen de Saint-Renan, doyenné de l'Iroise, invite les pèlerins à prendre le temps de s'asseoir pour laisser entrer en eux les appels de Dieu et la force de l'évangile. Puis s'inspirant du thème de Lourdes cette année, il souligne que : "Marie, la première des disciples, peut nous apprendre à vivre le grand mystère de la croix... Le vivre à la manière du Christ dans les choix à faire pour défier la violence, la haine, la souffrance, le chacun pour soi, et prendre le parti de l'accueil, du don de soi, du pardon... Le vivre en prenant le temps de nous laisser envelopper par ce signe, qui n'est pas quelque chose de banal, mais qui livre le sens même de notre vie..."
Début d'après-midi à Lourdes, il fait très chaud, les malades sont invités à vivre le chemin de croix sur la prairie. Il faudra trouver des coins ombragés, pour vivre et méditer ce dernier chemin du Christ. La prière intense et le recueillement sont tangibles alors que s'égrainent les stations.
L'équipe du doyenné de Saint-Renan a préparé un temps d'animation à l'église Sainte-Bernadette, tous sont heureux de trouver un peu de fraîcheur dans l'édifice. Un conte, des paroles de Bernadette, des chants, tandis que s'affichent sur grand écran les calvaires des quatre coins de notre Finistère.
Un beau dimanche à Lourdes, un beau dimanche où les pèlerins ont pris le temps, comme les foules de l'évangile, de faire un bout de route avec Jésus, guidés par Marie et Bernadette.
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