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3° DIMANCHE ORDINAIRE - ANNEE A – RENCONTRE DES DIACRES – 23.01.11 |
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| Le 23 janvier 2011 |
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 L’Evangile de ce dimanche nous présente le début de la prédication du Christ et, on pourrait dire, son « programme d’évangélisation ». Et cet évangile peut nous apprendre beaucoup sur les conditions de la Mission pour l’Eglise d’aujourd’hui. Jean-Baptiste, qui avait présenté Jésus au monde, vient d’être arrêté. Et Jésus prend le relais. Pour cela, il s’installe à Capharnaüm, et non pas à Jérusalem, qui est pourtant la capitale spirituelle de son peuple. Capharnaüm est un nœud de circulation, passage obligé de beaucoup de caravanes et de voyageurs. Ce qui semble donc intéresser Jésus dans son « programme », c’est de pouvoir prêcher la Bonne Nouvelle à toutes sortes de gens. En effet, il va prêcher dans un milieu complètement disparate, où de multiples religions et de multiples cultures se rencontrent, comme dans notre société d’aujourd’hui. Ce qui veut dire que le monde que Jésus a connu et où son message a jailli, connaissait sans doute des situations semblables au nôtre, avec ses difficultés spécifiques. Nous découvrons alors que, pour annoncer l’Evangile, nous n’avons pas à rêver un monde entièrement favorable et déjà unifié. Nous avons donc cette espérance qu’il est possible, aujourd’hui encore, d’annoncer la Bonne Nouvelle, même dans les milieux qui nous semblent les plus païens, les plus défavorables, puisque cela a été la démarche première du Seigneur. Quel fut ce message ? « Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est là ». Cela aussi nous intéresse pour aujourd’hui. La transformation de notre monde ne se fera que par ce changement des cœurs, à commencer par les nôtres. Un des points essentiels de ce que nous avons à proclamer et dont nous avons à témoigner, c’est ce nécessaire changement de mentalité, ce recentrage de nos vies sur Dieu, ce Dieu qui est là tout proche, au milieu de nous. Et aussitôt après nous avoir montré le programme du Christ, Matthieu nous décrit la mise en œuvre de cette action pastorale. Elle consiste à appeler des hommes pour qu’ils le suivent. A la différence des rabbis juifs et des scribes, Jésus n’attend pas seulement que des disciples le choisissent pour maître : c’est lui qui prend l’initiative de les appeler. Et il n’attend pas non plus seulement d’eux qu’ils suivent ses leçons : il veut qu’ils s’attachent à sa personne et le suivent pour être associés à sa mission : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Aujourd’hui encore, le Christ agit de même. Il appelle toujours des personnes à le suivre. Cet appel ne concerne que les prêtres, les diacres, les religieux et les religieuses. Chaque chrétien, vous le savez, est appelé d’une manière ou d’une autre à participer à l’évangélisation du monde. Chacun, à sa place, a à être témoins du Christ. Et les caractéristiques de l’appel des premiers apôtres peuvent toujours être appliquées à l’ensemble des chrétiens. L’évangile nous dit que Pierre, André, Jacques et Jean suivirent aussitôt Jésus. Bien sûr, ils avaient dû le rencontrer avant, grâce à Jean-Baptiste. Bien sûr, ils avaient dû déjà discuter avec lui, ils avaient dû entendre ses premiers messages. Mais ils n’avaient jamais encore été appelés explicitement. Mais dès cet appel, ils le suivent. Nous sommes aujourd’hui dans la même situation. Les chrétiens d’aujourd’hui aussi ont entendu le Christ, ses messages, sa parole depuis longtemps. Ils ont été pour la plupart catéchisés, au moins un peu, ils ont une certaine vie de prière. Et ils ont à discerner dans leur vie, plus que jamais, les appels du Seigneur, à s’engager plus concrètement au service de l’annonce de l’Evangile. Comment leur faire comprendre cela ? Comment leur faire comprendre l’urgence aujourd’hui de redire au monde que son Salut n’est que dans le Christ ? Peut-être que nous avons à redire de façon plus marquée, spécialement dans nos homélies, que Jésus est le seul Sauveur, qu’il n’y a pas d’autre nom qui a été donné aux hommes pour les sauver du mal et de la mort, comme le dit St Paul dans ses épîtres. Mais il y a une autre caractéristique dans cet appel fait aux disciples : c’est qu’il faut abandonner quelque chose. Les premiers apôtres ont abandonné des choses bonnes et extrêmement légitimes. Ils ont abandonné leur famille, leur métier et leurs biens. Cela veut dire que suivre le Christ passe forcément par un renoncement. Celui qui accepte de témoigner du Christ devant les hommes, quelle que soit la manière dont il fera, celui-là devra laisser quelque chose, que ce soit du temps personnel, un certain bien-être, une tranquillité... Dire aux autres que c’est en Dieu que réside le bonheur de tout homme implique forcément d’entrer dans la même démarche que les apôtres de Jésus : « Laissant leurs barques et leur père, ils le suivirent ». L’évangélisation du monde ne s’est jamais faite sans effort, à commencer par celui de la Croix. Evangéliser, ce n’est pas seulement parler, c’est aussi agir. Jésus nous le montre dans la fin de l’évangile d’aujourd’hui : « Parcourant la Galilée, il enseignait dans les synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Salut, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple ». Jésus enseigne et il agit. Sans la prédication et l’enseignement, les signes et les miracles ne déclencheraient qu’une course au merveilleux. Mais sans les signes, la prédication et l’enseignement ne seraient que discours de docteur ou de scribe. Et beaucoup d’hommes vivent leur foi ainsi, hélas : ils n’attendent seulement que Dieu soit leur roue de secours ; ou ils font de la foi quelque chose d’intellectuel. Dans l’évangélisation du monde, il faut les deux : la parole et les signes Or un des signes que le Christ est agissant aujourd’hui, c’est justement l’engagement généreux des chrétiens. L’évangile d’aujourd’hui nous donne les grandes lignes de toute évangélisation : d’abord être persuadé que tous les hommes peuvent recevoir le message de l’Evangile ; ce message est celui de la conversion ; pour le proclamer, il faut que les fidèles du Christ s’engagent concrètement, en étant prêts pour cela à renoncer à quelque chose ; et il ne suffit pas seulement de parler, il faut agir. Comme diacres et comme prêtres, nous sommes appelés à vivre de cela, bien sûr, mais aussi à le rappeler à tous. Par notre choix de vie et notre ordination, nous savons que cela vaut la peine de quitter quelque chose pour suivre Jésus ; nous savons qu’il y a une vraie joie à annoncer Jésus-Christ au monde. Aidons nos frères et nos sœurs à le comprendre aussi et à le mettre en œuvre. Amen. |
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Mgr Le Vert |
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