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APPEL CATECHUMENES ET CONFIRMANTS JEUNES ARCHIDIACONE DE QUIMPER 4° DIMANCHE DE CAREME ANNEE A –CONCARNEAU – 03.04.11 |
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| Le 3 avril 2011 |
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Frères et sœurs, chaque dimanche pendant le Carême, nous recevons des évangiles extrêmement riches qui nous montrent qui est vraiment Jésus. Le premier dimanche, nous l’avons vu tenté au désert, comme nous le sommes nous-mêmes, pour nous apprendre comment sortir de toute tentation ; puis, le deuxième dimanche, nous nous sommes rappelés sa Transfiguration, qui nous prouve que Jésus est vraiment Dieu ; et dimanche dernier, avec la rencontre avec la Samaritaine, nous avons découvert un Jésus qui vient à notre rencontre, qui veut sauver chacun d’entre nous, là où nous sommes. Et voila qu’aujourd’hui, c’est la guérison d’un aveugle-né. Qu’est-ce que cela nous apprend sur l’identité du Christ et sur nous-mêmes ? Contrairement à beaucoup de miracles, celui-ci n’est pas dû à une demande. C’est Jésus qui prend personnellement l’initiative. Et cette guérison extraordinaire déclenche toute une série de questions, où chacun doit se positionner : celui qui a été guéri est-il bien le même qui était aveugle, ou est-ce quelqu’un qui lui ressemble ? Et qui est celui qui l’a guéri ? Vient-il de Dieu ? Est-il, comme l’affirment les pharisiens, un pécheur puisqu’il guérit le jour du Sabbat ? Mais un pécheur peut-il accomplir de pareils signes ? Aujourd’hui, c’est à chacun de nous de répondre à ces questions. Chacun de nous doit choisir dans sa vie le camp dans lequel il veut se situer : le camp du Christ, ou le camp de ceux qui sont contre lui, ou le camp de ceux qui ne veulent rien savoir. Et chacun de nous doit accepter les conséquences de son choix. Recevoir le baptême, la confirmation ou la communion, c’est choisir le camp du Christ. Et normalement, cela doit nous changer, nous transformer intérieurement, comme l’aveugle-né. Pour votre famille, vos amis, vos camarades au collège ou vos collègues de travail, rien peut-être n’apparaîtra changé dans les apparences après votre confirmation. Vous serez toujours les mêmes, et en même temps vous serez devenus différents. Et si vous guidez vraiment votre vie sur la lumière du Christ, des choses profondes changeront… Vous serez habités par une lumière qui pourra transparaître dans vos manières d’être et dans vos actes. Heureux serez-vous si on peut se demander à votre sujet si vous vraiment les mêmes qu’avant, si on voit que quelque chose à changer en vous. Heureux serez-vous, baptisés, confirmés, eucharistiés dans le Christ, si votre foi transforme votre manière de vivre au point de susciter autour de vous les mêmes questions que celles de cet évangile au sujet de l’aveugle-né : « Es-tu le même ou bien quelqu’un qui te ressemble ? » Heureux serez-vous si, parce que vous avez été confirmés, il arrive que votre entourage vous pose la question : « Que dis-tu du Christ, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? Qui t’a changé ? Qui a renouvelé ta vie ? » L’évangile nous montre que répondre à ces questions entraîne la division et la contradiction. Une chose pourtant est remarquable : c'est le doute et même l’agressivité des pharisiens qui vont faire faire à l’aveugle un nouveau pas dans la foi. En quelque sorte, ils vont obliger celui qui a été guéri à prendre parti : « Toi, que dis-tu de lui ?... C'est un prophète ». Et par là -même, l’aveugle guéri devient disciple du Christ. N’ayons pas peur d’être interrogés sur notre foi, et surtout n’ayons pas peur de l’affirmer. C’est aussi ainsi qu’elle grandit et se renforce. Et c’est ainsi également que nous pouvons aider d’autres à croire. Combien de gens sont, sans le savoir encore, déjà sur la route vers Dieu, et il leur suffit d'un rien pour qu’ils le découvrent ! Ce rien, ce peut être tout simplement le fait d’oser leur dire que Jésus compte pour nous, qu’il a une vraie place dans notre vie. Chers amis, nous, chrétiens, sommes porteurs d’une parole et d’un message extraordinaires. Et le premier moyen de transmettre cette parole et de ce message, c’est notre manière de vivre qui devient source d’interrogation. Qu’importe au monde que nous voulions qu’il n’y ait plus de pauvres, si nous ne vivons pas le partage des biens ! Qu’importe au monde que nous soyons pour la paix entre les peuples, si nous n’y travaillons pas par le pardon et par l’amour de ceux qui nous entourent ! Qu’importe au monde que nous croyons au Christ, si nous ne sommes pas résolus l’annoncer autour de nous ! Mais si nous « vivons comme des fils de la lumière », selon l’invitation de Saint Paul dans la deuxième lecture, alors, avec le Christ, nous devenons lumière du monde et lumière pour le monde. Etre chrétien, c’est croire que c’est le Christ qui ouvre les yeux de notre cœur, et qu’il veut donner la lumière à tous. Alors, vous qui demandez le baptême, la confirmation ou la première communion, êtes-vous sûrs que c’est Lui qui peut vous ouvrir les yeux ? Et avez-vous envie de le dire aux autres ? Ou comme les parents de l’aveugle, allez-vous avoir peur quand on vous interrogera sur notre foi, parce que comme eux vous aurez senti qu’il y a un risque à prendre le parti de Jésus ? L’aveugle-né a beaucoup perdu par sa guérison : il n’a pas été reconnu par sa famille, et il a été exclu de la synagogue. Et cela n’était pas rien en Israël, où la vie politique était étroitement liée à la vie religieuse ; perdre ses droits religieux revenait à perdre ses droits civiques. Il a beaucoup perdu, mais il a gagné le Christ. Et nous, sommes-nous prêts à prendre des risques pour suivre Jésus ? Le baptême, la confirmation, l’Eucharistie nous aident à cela et nous en donnent la force… Chers jeunes, votre foi est appelée à progresser comme celle de cet aveugle-né ; vous êtes appelés à vous positionner comme lui face à Jésus et face aux autres. Ce texte vous replace devant le choix fondamental de votre foi : qui est Jésus pour vous ? Etes-vous prêts à l’écouter ? Etes-vous prêts à le suivre malgré tout ? Etre baptisé, confirmé, faire sa première communion, c’est prendre parti pour Jésus. Et si vous en avez le courage, vous découvrirez toujours plus que Jésus est vraiment celui qui vous sauve, qui peut apporter de vraies réponses aux questions importantes de votre vie. Alors, êtes-vous prêts à guider votre vie sur ce qu’il vous dit, à ne pas vous rappeler de lui seulement de temps en temps, mais à lui être fidèle ? C’est aujourd’hui votre appel décisif vers le baptême et la confirmation. C’est, comme son nom l’indique, un moment décisif dans votre cheminement : c’est un engagement officiel que vous faites devant vos amis et votre famille. Dans notre vie, nous faisons rarement des actes qui nous engagent à ce point. Il faut que vous soyez conscients que vous ne pouvez pas le faire à la légère, que vous faites une vraie promesse à Jésus ce soir, une promesse qui sera encore plus forte le jour de votre baptême et de votre confirmation. Vous vous engagez à suivre Jésus de façon décisive, avec ce que cela comporte comme exigences de formation, de conversion de vie, de prière. On ne peut pas dire : « Je veux suivre Jésus, mais je ne tiens pas trop à obéir à ses commandements ». Pour suivre Jésus, il faut un choix radical. Ce ne peut pas être une adhésion vague qui n’engage pas vraiment. Et si l’Eglise célèbre solennellement cet appel décisif par la présence de l’évêque, c’est pour bien signifier qu’elle croit que votre engagement est véritable. C’est pourquoi, au nom de l’Eglise de Quimper et Léon, je voudrais vous dire que nous sommes tous très heureux de vous accueillir, que c’est une grande joie de vous recevoir dans l’Eglise du Christ ou de vous voir grandir sous l’action de l’Esprit Saint. Tous ici, en vous regardant, nous sommes témoins de la puissance de l’Evangile qui peut transformer l’existence d’un jeune, témoins de l’amour du Christ qui donne la vie en abondance. Frères et sœurs qui avez accompagnés ces jeunes depuis de longs mois et qui les accompagnerez encore après leur baptême, leur confirmation ou leur première eucharistie, et vous, parrains et marraines, je vous invite à rendre grâce et à vous émerveiller de la tendresse de Dieu qui ne cesse de proposer la lumière aux hommes. Continuez à aider ces jeunes à renforcer leur foi, à fortifier leur certitude que le Christ seul est le Sauveur de l’homme. Chers amis, nous sommes invités à suivre avec confiance l’exemple de l’aveugle guéri. Ecoutons le Christ nous dire : « Veux-tu croire, toi aussi, aujourd’hui, au Fils de l’Homme ? » Osons lui répondre : « Oui, je crois, Seigneur ! ». Laissons alors la lumière du Christ pénétrée nos cœurs. Nous vivrons et nous marcherons alors en enfants de la lumière ! Amen. |
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Mgr Le Vert |
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