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MESSE CHRISMALE – 20.04.11 |
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| Le 20 avril 2011 |
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Frères et sœurs, nous voici rassemblés au seuil des trois jours saints, pour entrer ensemble dans ce sommet de toute notre année liturgique. Cette messe chrismale inaugure ce qui est pour l’ensemble de l’Eglise comme trois jours de retraite, trois jours de pèlerinage intérieur qui vont nous mener jusqu’à la Résurrection du Christ. Et en cette messe chrismale, nous sommes invités à nous souvenir que notre Eglise est structurée sur les sacrements. Avec la bénédiction des huiles saintes, avec le renouvellement par les prêtres et les diacres des promesses de leur ordination, avec demain la célébration de l’institution de l’Eucharistie, nous rendons grâce au Seigneur pour ces sacrements qui irriguent notre vie chrétienne, qui produisent ou qui augmentent en nous la grâce qui vient du Christ. Car aujourd’hui encore, la parole du Seigneur s’accomplit dans notre Église, comme elle s’était accomplie dans la synagogue de Nazareth il y a deux mille ans. L’onction du Messie continue son œuvre en notre temps, par la vie sacramentelle de notre Église. Chaque année, dans pratiquement tous les doyennés du diocèse, des adultes et des jeunes, de plus en plus nombreux, s’approchent du Baptême ; grâce à l’Huile des catéchumènes, ils reçoivent de Dieu la force du combat pour leur conversion. De même, des adultes et des jeunes nombreux – près de 400 cette année – reçoivent la Confirmation pour une vie plénière dans la communauté ecclésiale ; le Saint Chrême que nous allons consacrer imprimera en leur existence la marque du don de l’Esprit. De même, des séminaristes se préparent avec confiance à s’engager au service de l’Eglise par l’onction de l’Ordination ; ils seront peut-être aussi un jour marqués du même Saint Chrême. Et les malades et les personnes souffrantes reçoivent de l’onction de l’Huile sainte la force et l’endurance pour vivre leur épreuve dans la communion au Christ et en se joignant à l’offrande qu’il fait de sa vie. Cette grâce des sacrements, nous le savons, ne nous est pas donnée simplement pour notre confort spirituel. Elle nous associe directement à l’œuvre de Dieu dans le Christ. Disciples de Jésus, nous entendons ce soir Jésus dire : « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle », et nous comprenons que ces paroles nous concernent nous aussi. Avec lui, nous sommes envoyés pour annoncer une année de bienfaits et de miséricorde, pour être les témoins de l’amour de Dieu pour tous les hommes. C’est pour nous impliquer plus étroitement dans ce dynamisme missionnaire que j’ai appelé notre diocèse à vivre pendant deux années Mission 2012. Un des objectifs est précisément de nous entraîner à ne pas dissocier notre vie spirituelle et sacramentelle, de la mission globale de l’Église en ce monde. Nous le découvrons de plus en plus, et sans doute Mission 2012 nous y aide : on ne peut pas être chrétien sans le choisir et sans assumer ce choix devant le monde. D’une certaine façon, comme les Nazaréens dans la synagogue, comme Pierre à l’heure du procès de Jésus, nous sommes provoqués à nous déclarer pour ou contre le Christ. Et dans un monde qui veut toujours plus renvoyer le religieux dans le domaine de l’intime au nom d’une laïcité mal comprise, nous devons choisir entre oser vivre en chrétien, ou enfouir notre relation avec lui dans le secret et, finalement, à le renier. Frères et Sœurs, nous sommes tous appelés à participer à cette mission de l’Église. Le Christ nous y invite dans l’Evangile : « Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits…Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est aux cieux. » (Mt 10, 26…32). Dans ce premier quart du troisième millénaire, en Finistère, nous sommes confrontés à de nouveaux défis, et nous devinons que des changements d’organisation, des approfondissements, des allègements, des efforts vont être nécessaires. Nous savons qu’ils ne se décrètent pas sans avoir prié, sans nous être replacés devant le Christ, sans avoir demandé de discerner la volonté de Dieu. C’est ce que fait Mission 2012. C’est pourquoi ce soir, je vous invite à demander au Christ Jésus, avec encore plus d’insistance que d’habitude : « Que veux-tu de nous, de chacun d’entre nous, et de nous tous ensemble ? », un peu comme Pierre et Jean lui demandaient : « Où veux tu que nous fassions les préparatifs de la Pâque ?»(Lc 22, 9). Ce soir, je vous invite à vous poser une question qui doit habiter vos cœurs pendant les mois qui viennent : pourquoi voulons-nous qu’il y ait encore demain des communautés chrétiennes en Finistère ? Pourquoi voulons-nous que d’autres croient avec nous dans le Christ Sauveur ? Pourquoi voulons-nous des prêtres, qui puisent célébrer les sacrements pour notre sanctification, sacrements liées aux huiles que nous bénissons aujourd’hui ? La réponse à cette question conditionnera toute la suite de Mission 2012… Ne craignons pas ce qui pourra sortir de notre prière et de notre réflexion ; craignons plutôt de ne pas entendre assez ce que le Seigneur nous dira… Permettez-moi maintenant, frères et sœurs, d’adresser un message particulier à nos prêtres et à nos diacres. Un message d’amitié d’abord et un message d’encouragement. Je sais, par expérience, qu’il n’est pas facile tous les jours d’être prêtre ou diacre. Mais je sais aussi que notre ministère est source de grandes joies. Et je pense avec une affection particulière à ceux d’entre nous qui sont atteints par l’âge ou la maladie, et à ceux qui ont demandé de partir en mission hors du diocèse. Et nous nous associons aussi particulièrement à l’action de grâce des prêtres jubilaires, ordonnés il y a cinquante, soixante et soixante-dix ans, signes magnifiques de fidélité sacerdotale parmi nous. Mes chers frères dans le sacerdoce, et vous, mes chers frères diacres, je voudrais partager avec vous une conviction qui m’habite profondément : l’urgent pour notre diocèse est le renouveau de la Mission ! Vous le savez comme moi. Comment répondre de mieux en mieux à l’appel pressant à évangéliser les hommes de notre temps ? Pour nous, évêque et prêtres, comment vivre toujours plus notre sacerdoce dans un esprit missionnaire ? Comment aider nos communautés à devenir de plus en plus missionnaires, tournée et tendue vers ceux qui ne connaissent pas le Christ, vers ceux le Christ veut rejoindre ? Sans cesse, il nous faut appeler ces communautés à se laisser entraîner par ce dynamisme. Les assemblées missionnaires de doyennés nous y pousseront en octobre prochain. Mais ce souci missionnaire doit être le fil rouge qui guide tous nos choix pastoraux. Et ne soyons pas étonnés qu’annoncer le Christ soit dérangeant, pour nous d’abord, et ensuite pour ceux qui nous écoutent. Ce temps de la Passion nous le fait comprendre de manière plus évidente que jamais. Aujourd’hui, nous nous rappelons que le Christ, source de la vie et de la Mission de l’Église, a voulu dans sa miséricorde nous associer d’une manière spécifique à son sacerdoce unique et éternel en vue de l’annonce de l’Evangile. Et en nous regardant, avec nos limites et nos pauvretés, comment ne pas être bouleversés que le Sauveur du monde ait voulu passer par nous pour se donner à tous ? Comment ne pas le remercier parce qu’un jour il nous a séduits, et parce que nous nous sommes laissés séduire ? Comment ne pas le remercier, alors qu’il nous a consacrés pour annoncer sa Parole de Vie et pour communiquer sa Vie de Ressuscité ? Comment ne pas le remercier, alors qu’il nous a envoyés rassembler son Peuple, pour que toute l’Eglise participe à l’annonce de la Bonne Nouvelle ? C’est notre bonheur de prêtres de former des communautés vivantes où chacun peut vivre en responsabilité selon sa grâce. C’est notre bonheur de prêtres de nous sentir à la fois pères et frères de celles et ceux qui participent à l’exercice de notre responsabilité pastorale. C’est notre bonheur de prêtres de travailler avec nos frères diacres à la proximité de l’Eglise auprès des jeunes, auprès de ceux qui cherchent un sens à leur vie, auprès de ceux qui peinent en tous les lieux de fractures de notre société... Et si une de nos tristesses et une source de nos découragements sont souvent de constater que nos communautés ne parviennent pas à se rassembler et à être unies, c’est quand même notre joie de pasteurs d’être, à la suite du Christ, ceux qui réalisent la communion dans la grâce de l’Esprit, tout spécialement par l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne, comme le dit le Concile. Cette communion, nous tentons chaque jour de la vivre entre nous, parce que nous sommes unis par le même sacerdoce. Nous le signifierons encore cette année en refaisant ce geste magnifique de notre ordination, où nous avons placé nos mains dans celle de notre évêque. En le faisant tout à l’heure, pensons que la communion fraternelle est l’attitude indispensable pour que l’annonce de l’Evangile puisse être possible et porter du fruit. Redisons au Seigneur notre désir d’être acteurs de communion, car nous savons que cette unité entre nous est une vraie source de joie. Pour terminer, il me reste à vous dire qu’un certain nombre de jeunes dans notre diocèse se posent la question de devenir prêtre. Ils sont parfois, trop souvent, empêchés d’étudier cette éventualité par les réserves ou les réticences de leur entourage, voire de leur famille. Nous prions donc, non seulement pour que Dieu appelle, mais surtout pour que nous soutenions vraiment ceux qui souhaitent répondre à son appel. Osez parler aux jeunes de la vocation : en leur proposant de s’interroger sur leur choix de vie, vous aidez leur liberté. Chers jeunes qui m’écoutez peut-être ce soir, et vous qui avez fait l’effort de venir jusqu’ici pour célébrer avec tous cette Messe Chrismale, vous êtes au milieu de nous un signe d’espérance. Soyez heureux et fiers d’être chrétiens. Tous ici nous souhaitons que votre vie soit belle et réussie. Je vous redis qu’elle le sera si vous mettez vos pas dans ceux du Christ, et que vous vous laissez guider par lui. Peut-être que certains d’entre vous sont appelés à le suivre en se consacrant totalement à Dieu. Si c’est le cas, n’ayez pas peur, soyez heureux de cet appel, et répondez avec courage. Mais tous, soyez de vrais témoins de Jésus dans le monde des jeunes. Frères et sœurs, soyons heureux de croire au Christ et de l’annoncer. Il est toujours au milieu de nous avec la force de son Esprit pour nous donner de savoir porter la Bonne Nouvelle à ceux qui voudront bien la recevoir. Et au seuil de cette Semaine Sainte, je voudrais reprendre à votre intention le souhait de Saint Jean que nous avons entendu tout à l’heure : « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, le souverain des rois de la terre. A lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père, à lui gloire et puissance, pour les siècles des siècles. » Amen. |
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Mgr Le Vert |
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