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VIGILE PASCALE – 23.04.11 – ST CORENTIN |
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| Le 23 avril 2011 |
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 Frères et sœurs, le récit de la Résurrection que nous venons d’entendre nous décrit la stupéfaction, la crainte et le bouleversement de ceux qui en sont les témoins indirects. Et ce bouleversement doit nous interroger. En effet, nous sommes peut-être trop habitués à parler du Christ ressuscité comme si c’était une chose allant de soi. Nous avons peut être un peu perdu de vue que le fait de croire à la résurrection d’un homme est quelque chose de tout-à -fait incroyable, de stupéfiant, pour ne pas dire de délirant. Et pourtant, c’est à cet acte de foi que nous sommes invités en cette nuit. Dans quelques instants, nous referons notre profession de foi au Christ ressuscité. Comment la faire en toute sincérité ? Comment la faire avec l’élan intérieur qui nous pousse à nous réjouir d’avoir la grâce de croire au Christ ? Pour nous aider à progresser dans l’appropriation de cette Bonne Nouvelle, il est bon que nous empruntions le chemin suivi par les disciples à qui la résurrection du Christ a été annoncée en premier. Ceux-ci avaient été doublement préparés à ces évènements : par toute leur Tradition et par le compagnonnage avec Jésus. Nous venons d’entendre quelques récits marquants de l’histoire à travers laquelle Dieu a noué avec l’humanité une alliance solide et éternelle : la Création, l’Alliance avec Abraham et Israël, la libération d’Egypte, les prophéties sur Jérusalem, les promesses du retour de l’Exil à Babylone... Pour les disciples comme pour tous les juifs du temps de Jésus, ces événements marquaient profondément leur culture et leur vie. Les disciples connaissaient intérieurement toute cette histoire, ils en vivaient chaque jour, et ils attendaient le Messie promis qui allait accomplir tout cela. Mais plus encore, leur compagnonnage avec Jésus de Nazareth, le chemin parcouru avec lui, les gestes et les signes qu’il avait accomplis devant eux et les paroles qu’il avait prononcées les préparaient à ces évènements. Peu de temps auparavant, Jésus leur avait annoncé par trois fois ce qui allait se produire : son arrestation, sa mort et sa Résurrection. C’est ce qu’évoque la parole de l’ange aux femmes : « Il est ressuscité, comme il l'avait dit ». Ainsi donc, les disciples avaient à leur disposition toutes les clefs pour croire en la Résurrection. Et pourtant, ils n’ont pas cru tout de suite. Il leur faudra du temps pour comprendre complètement que Jésus est le Messie promis, que tout ce dont il est question dans l’Ancien Testament le concerne et le décrit. Comme nous le lisons dans les différents récits des manifestations du Christ ressuscité, la rencontre avec lui laisse toujours planer une sorte de doute. Les disciples se demandent : « Est-ce bien lui ? ». Ils se disent : « Oui c’est bien lui, mais ce n’est tout de même pas tout à fait lui… ». Ils le reconnaissent à la fraction du pain, en le touchant, en parlant avec lui, mais il n’est plus tout à fait le même. Et jusqu’à la Pentecôte, l’expression de la foi au Christ vivant, présent et agissant restera balbutiante et hésitante. C’est seulement par le don de la puissance de l’Esprit Saint que cette foi passera d’un mélange confus de certitude et de doute, à une affirmation publique et pleine d’assurance. Cela nous montre une chose importante : ce que nous pensons ou ce que nous croyons n’est pas encore le tout de notre foi. La foi ne prend vraiment toute sa portée que lorsque nous l’annonçons. Dans la foi, ce qui compte est ce que nous pouvons annoncer. Le cœur de notre foi, c’est ce que nous sommes capables de proposer et de partager aux autres. A quoi servirait-il que nous soyons profondément convaincus de la Résurrection du Christ, si nous étions incapables de le dire à personne ? Croire vraiment au Christ ressuscité, c’est devenir son témoin. C’est d’ailleurs la première chose qui est demandée aux femmes venues au tombeau : « Venez voir l'endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : ‘Il est ressuscité d'entre les morts’ ». Et elles vont rejoindre les apôtres pour leur raconter leur histoire. D’ailleurs, dans un premier temps, nous le savons par les évangiles, ce ne sera pas très concluant, puisqu’ils auront du mal à les croire… Nous aussi avons parcouru ce soir en quelques lectures l’histoire d’Israël. Nous aussi sommes les compagnons du Christ depuis notre baptême. Nous aussi avons reçu la puissance de l’Esprit Saint à notre confirmation. Mais comment vivons-nous de la Résurrection ? Comment la proclamons-nous autour de nous ? Croire au Christ ressuscité, ce n’est pas simplement accorder notre soutien à quelque chose qui s’est passé il y a deux mille ans ; c’est reconnaître aujourd’hui qu’Il est vivant ! C’est reconnaître comment le Christ ressuscité agit aujourd’hui dans le monde, dans notre vie et dans la vie de tous les hommes. C’est croire qu’il est capable de nous libérer du mal et nous faire aussi passer de la mort à la vie. Comme saint Paul le redit dans l’épitre aux Romains, croire à la Résurrection du Christ, c’est entrer dans une nouvelle manière de vivre, parce que celui qui y croit vraiment ne peut plus continuer à vivre comme s’il était dans la mort. Et croire à la Résurrection, c’est aussi vouloir transmettre cette Bonne Nouvelle aux autres. Mais cette transmission n’est crédible que si la Résurrection a d’abord transformé notre propre vie. Pour ceux qui nous entourent et qui ne croient pas, l’histoire de Jésus et de sa Résurrection peut faire partie du folklore ou de la culture générale ou du paysage médiatique. Mais rencontrer les Marie-Madeleine, les Marie, les Pierre et Paul de notre temps, c’est-à -dire vous et moi, et découvrir qu’ils vivent autrement à cause de cette Résurrection du Christ, qu’il y a dans leur vie quelque chose qui domine tout, qui construit tout, qui irrigue tout et qui les arrache à la mort, c’est plus interrogeant, et c’est cela qui peut les toucher. On demande souvent comment l’Église trouve sa place dans notre société et comment les chrétiens peuvent être fidèles à l’Évangile. Ils n’ont qu’à être des hommes et des femmes fidèles à l’amour du Christ, qu’à se laisser conduire par l’Esprit du Christ ! Ils n’ont qu’à mettre en pratique la Parole de Dieu, qu’à goûter à la sagesse de Dieu à travers l’Ecriture Sainte, qu’à participer à la vie de leur communauté. Ils n’ont qu’à montrer et dire comment croire au Christ ressuscité change leur vie, qu’il y a pour eux quelque chose qui compte plus que tout le reste. C’est cette transformation que vont vivre les dizaines de jeunes et d’adultes qui seront baptisés cette nuit et demain dans notre diocèse. Ils vont plonger dans la mort et la Résurrection du Christ, pour passer d’une vie ancienne à une vie nouvelle. Après leur baptêmes, ces nouveaux baptisés ne seront plus tout à fait les mêmes. Ils seront des chrétiens ! Frères et sœurs, en cette nuit Sainte, réjouissons-nous, car nous avons l’immense grâce de croire et d’être chrétiens, sans aucun mérite de notre part. Pour correspondre à ce cadeau de Dieu, sachons accueillir pleinement la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ : nous ne sommes pas appelés à la mort, nous sommes appelés à la vie ! Si nous croyons qu’il est vivant, nous devons vivre comme des vivants ! Et si nous vivons comme des vivants, le monde sera transformé ! Amen. |
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Mgr Le Vert |
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