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RASSEMBLEMENT DIOCESAIN DES COLLEGIENS – PLEYBEN – 21.05.11 |
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| Le 21 mai 2011 |
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Mot d’accueil : Comme vous le savez, le thème de notre rassemblement est « Dbr@nche, @men-toi ! ». Nous savons combien vous, les jeunes aujourd’hui, vous êtes très connectés et très sollicités par Internet, Facebook, MSN, les jeux vidéos, les Mp3, etc. Sans porter de regard négatif sur ces nouvelles technologies, ceux qui ont organisé pour vous ce rassemblement souhaitent vous offrir la possibilité de découvrir, redécouvrir, expérimenter la joie de rencontres qui ne soient pas seulement virtuelles. Notre corps est fait pour la rencontre, pour la rencontre vraie et réelle des autre et de Dieu. C’est pourquoi nous proposerons différents ateliers faisant appel à tout notre être (musique, expression corporelle, activités manuelles…). Ce que vous pourrez vivre cet après-midi et ce soir ensemble peut vraiment marquer votre vie, si vous êtes attentifs à ce qui vous est offert. Vous êtes à un moment important de votre existence, en pleine croissance, à un moment où beaucoup de choses dans votre tempérament, votre caractère, votre manière d’être sont en train d’être mises en place. C’est un moment à ne pas rater, où vous découvrez les immenses possibilités qu’il y a en vous, où vous avez des choix à faire, où vous avez à réfléchir au sens de votre vie. C’est un moment où vous construisez votre liberté. L’Eglise, par l’intermédiaire de tous ceux qui s’occupent de vous, vous propose de vous aider dans cette partie fondamentale de votre vie. Je souhaite que ce rassemblement soit l’occasion pour vous de découvrir un peu tout cela, l’importance en particulier de la relation humaine et personnelle avec les autres et avec Dieu. Je souhaite qu’il vous aide à vous poser de bonnes questions, et peut-être de découvrir les vraies réponses. N’ayez pas peur d’aller au fond des choses ; ne vous contentez pas de réponses superficielles. Vous recevez un très grand cadeau aujourd’hui : on vous donne du temps pour réfléchir ! Vous recevez la possibilité d’entrer en vous-mêmes. Dans votre vie ordinaires, vous êtes sans cesse agressés par le bruit ; certains d’entre vous ont beaucoup de mal à se passer de musique, de sons… Vous êtes tellement souvent été attirés et séduits à l’extérieur d’eux-mêmes par la superficialité du bruit, de jour comme de nuit. Aujourd’hui, on vous offre le trésor immense du silence et de l’écoute de vous-mêmes, des autres et de Dieu. Car nous, vos animateurs, nous sommes tous sûrs que vous êtes capables de rentrer en vous-mêmes, de faire silence, d’écouter, de prier… Alors, je vous souhaite un très beau rassemblement des collégiens, ici à Pleyben.
Homélie : Chers jeunes, en regardant notre assemblée de cet après-midi, comment ne serions-nous pas heureux de voir que le Christ a appelé tant d’amis à le rejoindre ! Vous êtes nombreux à avoir répondu à l’invitation de ce rassemblement ; et ils sont encore plus nombreux, ceux qui ne sont pas venus, mais que vous connaissez et que vous portez dans votre cœur et dans votre prière ! Grâce cette rencontre, Dieu vous invite à le suivre, à vous « débrancher » de ce qui vous faites habituellement dans votre vie, et de prendre un peu de temps pour vous tournez vers lui. « Débr@nche, @men-toi ! »… Je traduis : débranche, laisse un peu ton ordinateur, ton téléphone portable, tant d’autres choses qui te préoccupent et qui ont tendance à te centrer sur toi-même, et prends le temps de regarder autour de toi et en toi ! Regarde les autres et regarde Dieu qui est là et qui t’appelle, comme il appelait le petit Samuel au milieu de la nuit, comme le Christ a appelé ces pêcheurs rencontrés au bord du lac de Galilée. Te « débrancher », c’est la chance qui t’est offerte de découvrir que le Christ te propose le meilleur chemin qui soit pour ta vie, celui du vrai bonheur. Car ce que le Christ vous propose à chacun, ce n’est ni plus ni moins que de devenir ses amis ! Il veut avoir avec vous la relation d’un ami avec son ami. Dans votre vie, vous avez autour de vous beaucoup de gens, des gens de votre âge et des gens plus vieux ; vous avez un certain nombre de copains et de copines. Mais la véritable amitié va bien plus loin : ce n’est pas avec cinquante personnes que nous pouvons être véritablement ami ; c’est avec une, deux ou trois. Parce que, pour être vraiment des amis, il faut partager quelque chose, il faut accepter d’ouvrir son cœur et de laisser l’autre voir ce qu’il y a en nous, accepter de le connaître ou de se faire connaître de lui, connaître ce qu’il pense et ce qu’il dit. Il faut aussi être fidèle : une véritable amitié, ce ne peut pas être épisodique, simplement quand cela nous plaît ou qu’on en a envie ; un ami, on doit pouvoir compter sur lui, il passe avant le reste, et cela demande de lui consacrer du temps… Nous savons donc que l’amitié est une relation forte, mais aussi une relation exigeante. Alors, comment connaître le Christ de cette façon-là , comment partager avec lui et devenir son ami ? Pour entendre et connaître le Christ, vous avez sa Parole, que vous trouvez dans la Bible : il suffit de prendre l’Evangile et de lire, de chercher à le comprendre. Vous pouvez aussi rencontrer Jésus et l’entendre quand vous le priez, car la prière n’est rien d’autre qu’une conversation avec Dieu. Vous pouvez encore l’entendre dans vos aumôneries ou vos mouvements de jeunes, quand vous discutez ensemble de ce qui fait votre foi ou votre vie ; ou quand vous vous retrouvez avec d’autres chrétiens pour célébrer ensemble la messe, comme nous le faisons maintenant… Il y a ainsi de multiples façons de rencontrer Jésus. Mais dans tous les cas, il faut répondre présent comme Samuel, et il faut prendre du temps pour le Christ et avec lui. On ne peut pas devenir ami de Jésus en cinq minutes, si on ne décide pas de le faire passer régulièrement avant le reste, sans accepter justement de se débrancher de temps à autre… Mais pour être ami du Christ, il ne suffit de savoir ce qu’il dit. Il faut aussi faire ce qu’il dit. Il faut, comme Samuel, être capable de dire : « Parle, Seigneur, je t’écoute », et comme Pierre : « Sur ta parole, je vais jeter le filet, je vais faire ce que tu me dis »… Et on s’aperçoit bien que mettre en œuvre ce que dit le Seigneur n’est pas forcément si facile. Samuel ne comprend pas tout de suite, et Pierre a dû faire un effort pour accepter la demande de Jésus quand il lui dit : « Avance au large, et jetez les filets ». Pierre et ses compagnons ont déjà rentré tout leur matériel de pêche. Ils ont déjà lavé leurs filets, ce qui demande beaucoup de temps et de travail ! Pourtant malgré la difficulté, Jésus insiste : « Avance au large ». Le large, c'est le danger, là où il y a des risques. C'est aussi l'inconnu. Et Pierre accepte : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais sur ton ordre, je vais jeter les filets ». Pierre aurait très bien pu refuser, répondre à Jésus que le pêcheur, c'était lui, et que Jésus n'était que charpentier ; qu'après tout, il s'y connaît mieux que Jésus, et que ce n'était plus le moment pour retourner pêcher. Il aurait pu trouver toutes les excuses possibles pour se dérober, s'enfermer dans son orgueil ou dans sa déception de pêche ratée. Mais Pierre va accepter de tout recommencer, de faire confiance au Christ. Il va avoir l'humilité de croire en Jésus plutôt que de croire en ses capacités professionnelles et humaines ! Et alors, c'est le miracle : Pierre a accepté de croire, et les résultats dépassent ce qu'il a pu imaginer. Mais le plus grand miracle, pour lui, ce ne sont pas les poissons. C'est ce que Pierre découvre brusquement sur l’identité de Jésus. Jusqu'alors, Pierre savait que Jésus était quelqu'un d'exceptionnel, plus qu'un prophète. Mais là , il se rend compte que Jésus est Dieu lui-même, le Sauveur. C’est pour cela qu’il l’appelle « Seigneur », alors qu'avant, il l'appelait seulement « Maître ». Le fait d’avoir écouté Jésus et de lui avoir obéi change tout. Pour chacun de nous, il peut se passer le même processus. Quand on chercher vraiment à savoir qui est Jésus et en faire notre ami, quand on l’écoute et qu’on fait ce qu’il dit, alors, comme pour Pierre, le Christ nous invite toujours à aller plus loin : « N'hésite pas à aller là où il y a plus d'eau. N’hésite pas à te débrancher. N'hésite pas à entrer plus avant dans la prière, à t’engager un peu plus dans ta vie chrétienne, dans ta vie d’Eglise, à bousculer un peu tes habitudes ! Arrête de dire que ce n’est pas pour toi, que tu n’as pas le temps, que tu as autre chose à faire. Avance au large et jette les filets. Aie le courage de donner un sens à ta vie. » Devant cette invitation à l’amitié, on pourrait se dire que ce n’est pas fait pour nous, que Samuel, Pierre et tous ceux qui sont devenus des amis de Dieu étaient des personnes extraordinaires, des êtres exceptionnels… Mais ce n’est pas vrai. Samuel, Pierre et tant d’autres n’étaient pas au départ différents de nous. Ils ont été appelés au milieu de leur vie quotidienne, qui n’avait rien d’extraordinaire. Chacun étaient préoccupés par ses activités, ses soucis, ses passions… Chacun était branché sur ce qui l’intéressait, sur ce qui lui paraissait le plus important… Comme vous… Et aujourd’hui, une fois de plus Jésus vous invite. Mais si vous êtes appelés, c’est qu’il y a aussi une réponse à donner, un choix à poser. Quel va être votre choix cet après-midi ? Pendant ce rassemblement, vous vivez un moment fort, un moment privilégié. Vous êtes débarrassés de beaucoup de choses qui d’habitude occupent votre esprit, vous embêtent ou vous amusent. Vous n’êtes pas venus à Pleyben simplement pour prendre l’air à la campagne, ou seulement pour passer un bon moment avec des camarades, ou pour faire plaisir à l’animateur ou à l’animatrice de l’aumônerie ou de votre mouvement qui vous a dit : « Il faut y aller »… Vous êtes là pour rencontrer le Christ, pour recevoir sa Parole, pour l’accueillir au dedans de vous, et pour vous dire à vous-mêmes, dans le secret de votre cœur que personne ne connaîtra, ce que vous allez faire pour mettre cette Parole en pratique. Pas cinquante choses, mais une chose. Quand vous repartirez de Pleyben, il faut que dans votre cœur, il y ait gravé une chose. Qu’allez-vous faire de nouveau pour grandir avec le Seigneur, et pour qu’aucune de ses paroles ne demeura sans effet en vous, comme pour Samuel ? Que l’Esprit Saint vous éclaire et vous aide à devenir vraiment les amis de Jésus, pur toute votre vie. Amen. |
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Mgr Le Vert |
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