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ORDINATION DIACONALE DE STEVENSON MONTINARD – 12.06.11 – ND DE KERNITRON |
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| Le 12 juin 2011 |
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Frères et sœurs, nous venons d’entendre, dans la lecture des Actes des Apôtres, comment l’Esprit-Saint répandu sur les Apôtres à la Pentecôte a permis à chacun de ceux qui les entendaient de les comprendre dans sa propre langue. Comment cela a-t-il pu se produire ? Les Actes des Apôtres ne nous donnent d’explication là -dessus. Mais cela nous fait comprendre une chose importante : ce qui empêche les hommes et les femmes de se comprendre d’une culture à une autre, la différence des langues et des manières de penser, tout ce qui fait obstacle à la communication et à la communion entre les hommes, tout cela peut être surmonté. Et ce qui en rend les hommes capables, ce n’est pas une capacité soudaine à comprendre toutes les langues, mais c’est l’Esprit de Dieu qui leur donne de comprendre par l’intelligence du cœur ceux et celles que Dieu place sur leur chemin. A travers la diversité des langues et des cultures, il nous permet de nous reconnaître comme les membres d’une même famille : ce qu’il nous donne, c’est le langage universel du cœur, c’est de comprendre la multitude des langues des cœurs… Que nous venions de France, d’Haïti, d’Afrique, ou de n’importe quel pays, comment ne pas admirer ce que Dieu arrive à faire avec des hommes si différents, en les réunissant au sein d’une même Eglise ! Depuis la Pentecôte, chaque fois qu’un chrétien entre dans une église n’importe où dans le monde, il est chez lui ! Et pourtant, rien ne nous force à nous reconnaître comme les membres d’une même famille, nous qui sommes différents par la couleur de notre peau, par la culture que nous avons reçue, par les mots que nous employons, ou par nos manières de voir. Rien ne nous oblige à nous reconnaître comme des frères et des sœurs. Et dans la vie de notre société, nous le savons bien, il ne suffit pas que nous ayons des bons sentiments pour surmonter effectivement les différences qui divisent. C’est la puissance de l’Esprit qui nous rend d’abord capables d’accepter que nous ne soyons pas tous pareils, que les uns et les autres soient différents. Plus, l’Esprit nous donne d’accueillir ces différences comme une richesse et comme une chance qui nous est donnée. L’Esprit du Christ nous rassemble dans l’Église pour que nous formions un seul corps, un seul peuple, et qu’à travers la diversité des membres de ce peuple, nous construisions une communion plus forte et plus riche, comme Paul nous l’a dit dans la deuxième lecture : « Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit ». Souvent, ceux qui nous entourent sont sensibles à la menace, aux risques et à la méfiance que représentent les différences. Mais nous apprenons de l’Esprit du Christ à accueillir cette richesse, et à construire l’amitié et la fraternité entre nous. C’est un signe que nous sommes invités à donner dans notre monde. Dans notre diocèse, nous le savons depuis longtemps, par l’envoi de tant de missionnaires finistériens à travers le monde. Mais depuis peu, nous le vivons autrement en recevant des prêtres et des religieuses « venus d’ailleurs ». C’est un don réciproque que nous nous faisons, par l’accueil et par l’aide mutuelle apportée. Et ainsi, nous pouvons donner le signe à notre monde que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas des fossés insurmontables, mais que l’on peut être capable de s’écouter, de s’entendre, de s’estimer et de s’aimer, et que nous avons tous besoin les uns des autres pour atteindre la plénitude du Corps du Christ. Mon cher Stevenson, à la suite de Jean Roudy, tu vas être ordonné au service de notre diocèse de Quimper et Léon. Et tu vas nous aider à vivre un peu plus de ce miracle de la Pentecôte, où tant d’hommes et de femmes se sont reconnus unis par une même foi, malgré leurs nationalités différentes. C’est pour servir cette Eglise-là , une Eglise universelle et disparate, que tu vas être ordonné diacre en vue du sacerdoce. L’ordination n’est pas simplement une imposition des mains qui va t’habiliter à quelques fonctions nouvelles. Elle consacre l’appel que tu as reçu de te donner tout entier à la suite du Christ et à l’annonce de l’Evangile. La Bonne Nouvelle à annoncer, c’est que le Christ est venu pour ceux qui ont besoin de lui et s’est fait serviteur de tous. Mais si tu veux que des hommes et des femmes éprouvent la joie et l’espérance de cette visite du Christ, ce ne peut être qu’à travers la joie et l’espérance que tu manifesteras toi-même à l’accueillir dans ta vie et par ta capacité à être aussi serviteur. Tu es appelé à trouver ta joie dans cette intimité et ce compagnonnage avec celui auquel tu vas ressembler un peu plus par l’ordination diaconale, qui te constitue serviteur des autres comme le Christ. Sans cette communion intime avec le lui, tu ne pourras remplir ta mission. Un jour de ta vie, tu as été confronté à la question cruciale posée par Jésus : es-tu prêt à tout lâcher pour me suivre ? Es-tu prêt à me faire confiance au point de t’en remettre complètement à moi pour l’avenir de ta vie ? Tu as répondu oui plusieurs fois. Et aujourd’hui, le pas que tu franchis au moment de ton ordination diaconale consacre ta réponse. Le Christ te dit, comme aux disciples enfermés par peur des juifs au soir de la Résurrection : « La paix soit avec toi ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je t’envoie ». Mais c’est chaque jour que tu devras redire ce « oui » au Seigneur, pour rester fidèle à la vocation magnifique qu’il t’a donnée. Et c’est cela qui te donnera la joie et la paix que Jésus promet aux siens. Dans l’annonce de l’Evangile, tu connaîtras comme les Apôtres avant la Pentecôte des moments de peur ; tu connaîtras aussi des moments de plénitude, comme lors du discours de Pierre à toute cette foule qui se convertit ; tu connaîtras encore des moments d’opposition, comme dans la suite des Actes des Apôtres, où ces derniers sont traités de fous ou de dangers publics… Tu devras répondre avec toute ta foi, ton amour du Christ et de l’Eglise, et ton intelligence éclairée par l’Esprit Saint et nourrie par la Parole de Dieu. Dans un monde occidental en quête de repères existentiels ou de sagesse, tu sais de source sûre que nous n’avons pas à rougir de la sagesse du Christ que nous proposent les évangiles. Tu sais, selon l’exemple du discours de Pentecôte, que la foi n’a rien d’irrationnel, que la confrontation de la foi chrétienne et de la raison n’est pas un combat perdu d’avance, et que c’est même un des grands défis de notre temps. Stevenson, ne doute pas de la mission de notre Église. C’est elle qui définit ta propre mission et qui te porte dans sa prière, comme nous allons le faire à l’instant en invoquant les saints qui nous entourent invisiblement. Sois dans la joie, car il t’a choisi pour être avec lui et devenir son ami ! Et vous, frères et sœurs qui entourez aujourd’hui ce nouveau diacre, priez pour lui. Mais priez aussi pour que Dieu appelle encore toujours plus d’autres jeunes hommes pour le sacerdoce, pour notre diocèse et pour toute l’Eglise. Priez pour que certains découvrent la joie qu’il y a à se consacrer à la construction de l’Eglise, Corps du Christ, dans la diversité de tous les croyants. En ce jour de la Pentecôte, rendons grâce au Seigneur : qu’il comble Stevenson et qu’il renouvelle en nous tous le don de son Esprit, lui qui nous rend capables d’être témoins de la foi au milieu du monde. Avec tout ce que nous sommes, que l’Esprit nous donne d’ouvrir nos cœurs pour former la vraie famille de Dieu. Amen. |
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Mgr Le Vert |
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