PARDON DE NOTRE DAME DE TREMINOU – PROCESSION MARIALE – PONT L’ABBE – 25.09.11

Le 25 septembre 2011

Frères et sœurs, pour ce Pardon de Notre Dame de Tréminou, nous venons d’entendre l’évangile des noces de Cana qui nous recentre sur l’espérance chrétienne. En venant ici, nous sommes un peu comme les invités de la noce à qui il manque du vin. Nous aussi sans doute, portons-nous beaucoup de demandes dans nos cœurs. Et à nous aussi, Marie répète de faire tout ce que Jésus nous dira.

Beaucoup de commentateurs de cet évangile y ont vu l'union, sous le symbole du mariage, de l'humanité avec Dieu. Et à cette union, tous les hommes sont conviés. Notre Dieu est un Dieu qui veut pour nous le bonheur. Et il nous le montre en envoyant son Fils prendre part à notre humanité, en se faisant homme comme nous. Durant notre existence, dans cet appel à l’alliance avec Dieu, nous savons bien qu’il nous manque bien des choses. Nous savons bien que nous aussi, nous sommes préoccupés parce que nous n’avons pas tout ce qu’il faut pour que la fête soit réussie. Mais peut-être aussi que souvent, nous nous trompons sur ce qui nous manque réellement. Peut-être attendons-nous un vin qui n’est qu’un vin ordinaire, sans nous rendre compte que Jésus peut nous offrir bien plus. Et là, Marie peut nous aider. Frères et sÅ“urs, en venant ici cet après-midi, avons-nous conscience que nos cÅ“urs ont besoin d’être purifiés, pour que nos demandes déposées entre les mains de la Vierge Marie soient faites en vérité et en vue de notre vie éternelle ? Combien de fois nous est-il arrivé de rêver que Dieu vienne simplement régler nos manques humains ? Combien de fois nous sommes-nous tournés vers lui pour lui demander de satisfaire nos désirs ? Notre société ne cesse de nous présenter l’espérance de la satisfaction de nos désirs immédiats, en nous assurant que le bonheur s’y trouve. Mais, nous chrétiens, qu’attendons-nous de ce Jésus de Nazareth ? Quel vin voulons-nous lui demander ?

Le vin de la noce à Cana n’était pas forcément mauvais. Mais Jésus en propose un meilleur. Ce que Dieu nous propose est meilleur que toutes les satisfactions que le monde nous offre, même si au départ nous avons tendance à croire que ce que Dieu nous propose a moins de goût, que ce n’est que de l’eau. Seule la foi peut nous faire puiser le vin de Dieu et y découvrir qu’il dépasse tout ce que le monde peut offrir. Nous risquons tous de nus tromper sur la promesse de Dieu et de passer à côté de ce qu’il nous annonce. Nous risquons tous d’imaginer Dieu comme Celui qui va tout arranger, nous délivrer de nos angoisses ou de notre solitude, nous apporter réconfort et sécurité et combler nos désirs. Mais si nous en restons là, c’est certainement le chemin le plus sûr pour connaître la déception et nous détourner de l’espérance. Sans doute le Christ nous apporte et nous apportera réconfort et sécurité. Mais il ne le fait pas à la manière d’une sécurité sociale religieuse. Il n’est pas venu satisfaire nos fêtes humaines, mais nous faire participer au vin de sa Passion et de sa Résurrection. Et c’est un acte de foi que nous avons à poser, que de croire que le Christ fait bien plus pour nous que ce que nous espérons et désirons en premier abord.

Dans cet évangile de Cana, Marie est le modèle, l'exemple de notre foi. En effet, en disant aux serviteurs, c'est-à-dire à chacun d'entre nous, « Faites tout ce qu'il vous dira », elle manifeste sa confiance en son Fils, confiance d'autant plus grande, qu'en 30 ans, Jésus n'avait encore fait aucun miracle. Elle ne l'a pas encore connu dans son rôle de Messie. Elle ne sait pas encore de quoi il est capable. En disant aux serviteurs d'obéir à Jésus, elle pose un acte de foi. Elle a cru en son Fils AVANT le miracle. Les disciples croiront, eux, APRES le miracle. Marie est ainsi modèle de notre foi. Elle va révéler son Fils aux autres en les guidant vers lui, en les invitant à lui faire confiance. Elle commence à être la Mère de l’Eglise, la Mère de tout homme, rôle qu’elle recevra pleinement à la Croix. Elle commence à être par excellence celle qui intercède pour nous tous.

Frères et sÅ“urs, en nous rassemblant au pied de Notre Dame de Tréminou, nous sommes venus pour réentendre ce qui fait notre espérance. Cette espérance, c’est que Jésus-Christ est celui qui offre à l’homme ce qu’il y a de meilleur : il vient sauver l’humanité par sa Passion. Ce n’est pas forcément la logique des hommes, qui bien souvent réclament autre chose et font le procès au Seigneur de ne pas vraiment leur apporter ce qu’ils veulent. Nous avons besoin de nourrir, de fortifier cette espérance, et de partager son contenu avec ceux qui nous entourent. Les hommes attendent qu’on leur présente le vrai vin de la noce de leur vie.

Je n’ai pas besoin de décrire les signes de malaise et de désespoir qui traversent notre société aujourd’hui. Ils sont hélas bien trop présents à la conscience de chacun. Mais, malgré tous les éléments de détresse qui frappent nos contemporains, que ce soit dans le domaine du travail et de l’économie, de la vie sociale, de la vie familiale et affective, notre foi et notre espérance résident dans un autre regard sur l’histoire des hommes. Dieu nous a créés pour la vie et le bonheur, et ce projet d’amour aboutira, même si ses chemins peuvent en rester mystérieux à nos yeux à certains moments. Le Christ est notre force. C’est lui qui comble nos manques. C’est grâce à lui que nous ne cédons au fatalisme devant les difficultés rencontrées dans nos existences personnelles ou dans la vie sociale, que nous ne succombons pas au dégoût ou au désespoir devant les malheurs, ou que nous ne fondons pas notre vie dans des espérances qui ne peuvent que décevoir.

De cela, nous avons à témoigner. Nous sommes les serviteurs, qui pouvons suivre la consigne de Marie : « Faites tout ce qu’il vous dira ». A Cana, alors que le maître du festin et l'époux n’ont pas su ce qui s'est passé, ce sont les serviteurs qui ont tout vu. C'est par eux que tout s’est su ensuite : ils ont été, sans le savoir, chargés d'annoncer le Christ. Ils ont proclamé aux autres ce que Jésus a fait pour la réussite de cette noce. A notre tour, nous aussi, nous sommes appelés à être les serviteurs des noces du Royaume, du plan d'amour de Dieu. Jésus nous fait confiance pour témoigner des merveilles de son Père. Et dans cette mission, Marie est toujours là, aussi discrète que son Fils, mais le précédant toujours pour nous le donner. Acceptons-nous être les serviteurs des noces de Dieu et de l'humanité ? Voulons-nous faire tout ce qu'il nous dira, parfois même sans comprendre, pour la réussite du Royaume ? De quel Royaume nous rêvons, quel royaume nous intéresse ? Si c'est un royaume terrestre, nous serons forcément déçus. Mais si nous avons vraiment au cÅ“ur l'ardent désir de faire partager cette conviction que Dieu est source de tout, que le Christ peut vraiment transformer nos vies, alors nous serons missionnaires, parfois même sans le savoir, car à travers nous, c'est le Christ Jésus qui transparaîtra.

Après la lecture de l'évangile, nous avons tous proclamé : « Louange à toi, Seigneur Jésus Â». Oui, louange à toi, Seigneur, car tu veux que tout homme soit sauvé. Louange à toi, car tu transforme la vie de ceux qui l’acceptent et qui puisent le vin nouveau que tu offres. Louange à toi, Seigneur, car tu nous donnes d'être tes envoyés pour le dire aux autres. Louange à toi, Seigneur, car un jour, nous l’espérons, nous participerons avec Marie aux noces de ton Royaume. Amen.

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