CATECHESE POUR LES JMJ - FERMES DANS LA FOI »
MADRID – 17.08.11
Le 17 août 2011
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Pour cette première catéchèse, je voudrais vous parler de notre relation au Christ, puisqu’elle est au cœur du thème de ces JMJ : « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi ». Dans quelles conditions notre foi se vit-elle aujourd'hui ? Et puis, qu'est-ce que la foi ? Peut-elle d'ailleurs se vivre seule, nous avons besoin des autres pour croire ?
I- QU’EST-CE QUE LA FOI ?
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Que signifie donc croire en Dieu ? Je vais peut-être vous surprendre, mais ce n'est pas croire que Dieu existe. Cela, nous pouvons le prouver par notre intelligence ; même les païens en sont capables : les Grecs avaient montré, bien avant la naissance du Christ, l'existence d'un Etre suprême unique, parfait, créateur… Nous pouvons y arriver en observant la nature, en posant la question de l'origine de tout ce qui existe… Croire, c’est croire en quelqu’un, et pas seulement en son existence. Une personne n’est véritablement pour moi quelqu’un que lorsqu’il intervient dans ma vie. Et cela ne fait donc pas seulement intervenir l'intelligence, mais aussi le cœur, c'est-à -dire toute notre personne.
Prendre comme exemple le chauffeur de la voiture et l'amour entre deux personnes.
Pour croire, il faut donc connaître. Est-ce que Dieu s'est fait connaître ? Eh bien, oui ! Nous ne découvrons dans l'Ecriture Sainte, la Bible. L'Ancien et le Nouveau Testaments nous montrent ainsi Dieu levant le voile qui l'entoure. Dieu vient vers nous. Il se révèle, il donne son nom : Yahweh, l'Emmanuel, le Dieu avec nous... Et depuis Adam et Eve, en passant par Noé, Abraham, Moise et les prophètes jusqu'au Christ, Dieu nous a parlé. Et cette Parole de Dieu se trouve dans l’Ecriture, la Bible. La Bible ne propose nulle part une preuve de Dieu. Elle découvre Dieu à partir de ces révélations historiques à Abraham, Isaac et Jacob, à Moïse et aux prophètes, et par d'autres événements. De plus, l'homme y est décrit comme à l'image de Dieu. Cette révélation s'achève et se récapitule en Jésus-Christ, image par excellence de Dieu pour les hommes. En lui, Dieu va achever de dire qui il est : il est Amour, Dieu unique qui se réalise en trois personnes, le Père, le Fils et le saint Esprit. Il est Trinité. La Bible parle ainsi d'un Dieu VIVANT ET PERSONNEL, proche et secourable, miséricordieux et aimant.
Vous comprenez alors que la foi n'est pas d'abord une morale. La Révélation n'a donc pas d'abord pour objet de communiquer à l'homme des vérités ou des préceptes. C'est d'abord une rencontre entre personnes. Dans la Révélation, Dieu dit qui il est. Il est l'Amour. La Révélation, c’est la proposition d’une Alliance avec Dieu. Il se montre en personne. Ce que nous connaissons donc de Dieu n'est pas une projection de nos idées, nos désirs, nos manques ou de nos nostalgies. C'est un fait historique, une relation historique entre Dieu et l'homme.
Croire, c'est donc croire ce que Dieu me dit de lui-même, et aussi de moi-même. C'est croire que Dieu est intervenu concrètement dans l'histoire, et spécialement dans la mienne ; c'est suivre le chemin qui me propose. Puisque nous sommes chrétiens, la foi chrétienne, c'est croire en l'intervention de Dieu par l'Incarnation et la Résurrection de son Fils, le Christ. La foi est chrétienne parce qu’elle est liée à la personne du Christ et à ce qu’elle me révèle.
En fait, nous découvrons que tout ce qu'il y a de plus important dans notre vie est basé sur la foi, c'est-à -dire la confiance. Quand quelqu'un dit : « je t'aime », nous ne pouvons reconnaître cette parole comme sincère seulement par un acte de foi en l'autre. Ceci est vrai aussi entre Dieu et nous. Et comme pour Abraham, croire engage tout notre être et tout notre agir. On se met en marche, dans l'obéissance, à la suite du Christ. La foi implique donc l'engagement personnel et concret à la conversion. En effet, la rencontre personnel avec quelqu’un en qui je crois a normalement une influence sur mon comportement. C'est pour cela que la morale n'est qu'une conséquence de la foi. Etre chrétien, c’est opter pour un style de vie : « Montre-moi tes actes, je te dirai quelle est ta foi » (Jc) ; un style de vie qui envisage d’emblée la perspective de la Croix, qui refuse le mal et le péché (cf. la profession de foi baptismale), qui témoigne que la puissance de résurrection est à l’œuvre en ce monde…
Ainsi, la foi n'est pas passive. Elle est un risque, car elle suppose l'abandon des vieilles sécurités, elle demande de changer sa manière habituelle de voir et d'agir. C’est ce qu’on appelle la vocation à la sainteté : mettre sa vie en cohérence avec la foi confessée, apparaître en notre vie cette dynamique de la résurrection et de l’espérance qui en découle… jusqu’à envisager de donner cette vie jusqu’au bout.
En résumé, le concile de Vatican II en donnait cette définition : « Par la foi, l'homme s'en remet tout entier et librement à Dieu, dans un complet hommage d'intelligence et de volonté à Dieu qui se révèle, et dans un assentiment volontaire à la révélation qu'il fait » (Dei Verbum 5). De cette déclaration, il ressort que :
Voila pourquoi on dit souvent que « la foi est un don » : Dieu, à travers sa Parole qui est le Christ, prend l’initiative de la rencontre. Au cœur de cette rencontre, il y a l’Esprit d’Amour communiqué qui fait naître la foi. Comme Pierre, l’Esprit nous pousse à dire : « A qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelles » ; ou comme Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Et ce don nous pousse à poser des actes en cohérence avec ce que nous croyons : notre volonté va se mettre en cohérence avec notre intelligence : « Que devons-nous faire ? » (Ac2 ,37), disent les gens le cœur bouleversé par la prédication de Pierre à la Pentecôte. Et Pierre répond : « Convertissez-vous et recevez le baptême en rémission des péchés » (2, 38). La foi est aussi un acte de conversion, un choix, une option.
Aujourd'hui, on ne sait pas toujours très bien ce qu’est la foi. L’autre jour, j’ai rencontré une personne qui m’a dit : « il y a quelques mois, j’étais croyante, très engagée, et là , en ce moment, trois mois après, je ne sais plus si je crois. » Cette remarque m’a beaucoup interrogé. Après tout ce que je viens de vous dire, vous comprenez bien pourquoi. Car avoir la foi, ce n’est pas tenir dur comme fer à des affirmations qu’on ne pourra jamais vérifier. Etre chrétien, être attaché au Christ, ne veut pas dire avoir uniquement des convictions, des valeurs, des idées, même une morale. De la foi découlent un certain nombre de convictions, des valeurs, et même une morale, un art de vivre. Mais si on la réduit à ces attitudes, on est condamné à l’orgueil, au désespoir ou à l’amertume. Parce qu’on y croit quand tout va bien, et dans le cas contraire, on devient amer… Avoir la foi ne se réduit pas non plus à la générosité. Dieu aime les gens généreux. Il nous faut l’être. Mais il ne s’agit pas simplement de servir les autres, les aider. La générosité pure produit souvent la fatigue. Les personnes deviennent épuisées et même sont épuisantes pour les autres. Et en général, on est tellement dans le faire que la relation d’intimité à la personne de Jésus est très difficile. La foi n’est pas non plus une espèce de recherche de soi, une recherche du bien-être intérieur, où on réduit le rapport à Dieu, et la vie spirituelle à « je sens, je ne sens pas. » La foi n’est pas simplement : « Suis Jésus, et ça ira beaucoup mieux. »
La foi est une relation, une adhésion à une personne, à Jésus. Et le Saint Père vous le dit dans la lettre qu'il vous a adressée pour les JMJ : « La foi est d’abord une adhésion libre et personnelle de l’homme avec Dieu, qui est en même temps et inséparablement l’assentiment libre à ce que Dieu a révélé. » Croire concerne le sens profond de nos existences et les questions les plus profondes que tout homme se pose sur la vie.
Et si nous pouvons croire, c'est parce que nous sommes faits pour Dieu, nous avons été créés pour cela. En nous, il y a une profonde nostalgie de Dieu, comme le dit Jean-Paul II. Même dans les choses les plus belles, les plus fortes, les plus authentiques de ce monde, il y a comme un goût d’insatisfaction, d'inachevé. Nous sommes faits pour plus ; nous sommes faits pour le Christ. Quand on a compris cela, alors les paroles de Jésus prennent leur sens : « Je suis venu dans le monde pour que le monde ait la vie, et la vie éternelle » (Jn 10, 10) ; « Celui qui croit en moi a la vie éternelle » (Jn 6, 47) ; « Qui mange ma chair [mon corps] a la vie éternelle. » (Jn 6, 54). C'est lui qui répond aux questions fondamentales qui traversent le cœur de tout homme. Mais cela, nous le développerons dans la catéchèse de demain.
II- LES CONDITIONS ACTUELLES POUR VIVRE NOTRE FOI
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Mais notre foi se vit concrètement au sein d'une époque, d'une culture, d'un lieu, etc. et c'est là où nous pouvons revenir au thème de ces JMJ. Ce thème choisi par notre pape ne vient pas de nulle part. C’est une citation de la lettre de saint Paul aux Colossiens, au chapitre 2 : « Je veux en effet que vous sachiez quel dur combat je mène pour vous... Je combats pour que leurs cœurs soient remplis de courage et qu'ils soient rassemblés dans l'amour, afin d'acquérir toute la richesse de l'intelligence parfaite, et la vraie connaissance du mystère de Dieu. Ce mystère, c'est le Christ, en qui se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. Je vous dis cela pour que personne ne vous égare par des arguments trop habiles… et je me réjouis de voir votre bonne tenue et la fermeté de votre foi au Christ. Continuez donc à vivre dans le Christ Jésus, le Seigneur, tel que nous vous l'avons transmis. Soyez enracinés en lui, construisez votre vie sur lui ; restez fermes dans la foi telle qu'on vous l'a enseignée, soyez débordants d'action de grâce. Prenez garde à ceux qui veulent faire de vous leur proie par leur philosophie trompeuse et vide fondée sur la tradition des hommes, sur les forces qui régissent le monde, et non pas sur le Christ. » Cette lettre a été écrite par saint Paul pour répondre à un besoin précis des chrétiens qui vivaient dans la ville de Colosse. Cette communauté, en effet, était menacée par l’influence de certaines tendances de la culture de l’époque qui détournaient les fidèles de l’Evangile du Christ.
Avez-vous remarqué que le monde qui nous est offert présente les mêmes travers ? Dans son organisation matérielle, dans sa conception de la vie, dans sa manière de percevoir la vérité, dans sa façon de voir la famille, dans son rapport à l’argent, dans sa manière d’appréhender la liberté, dans sa conception de l’homme, dans sa volonté de manipuler le vivant, dans sa perception de la dignité humaine, dans tous ses contresens sur le bonheur, sur la vie, sur l’amour… Vous connaissez comme moi tous les obstacles que vous pouvez trouver sur votre route et qui peuvent vous éloigner du Christ et de son Evangile. Vous connaissez mieux que moi la part d’héroïsme qui vous est aujourd’hui nécessaire pour vivre en chrétiens dans la fidélité à l’Evangile au milieu de notre société.
Voilà pourquoi, dans son message, Benoît XVI écrit : « Notre contexte culturel a de nombreuses ressemblances avec celui des Colossiens d’alors. En effet, il y a un fort courant « laïciste », qui veut supprimer Dieu de la vie des personnes et des sociétés, projetant et tentant de créer un « paradis » sans Lui. Or l’expérience enseigne qu’un monde sans Dieu est un « enfer » où prévalent les égoïsmes, les divisions dans les familles, la haine entre les personnes et les peuples, le manque d’amour, de joie et d’espérance. » Un monde sans Dieu est un enfer parce que, précisément, l’enfer, c’est l’absence de Dieu. Un monde sans Dieu est un monde contre l’homme.
« A l’inverse, poursuit le Saint Père, là où les personnes et les peuples vivent dans la présence de Dieu, l’adorent en vérité et écoutent sa voix, là se construit très concrètement la civilisation de l’amour, où chacun est respecté dans sa dignité, où la communion grandit, avec tous ses fruits. Il y a cependant des chrétiens qui se laissent séduire par le mode de penser laïciste, ou qui sont attirés par des courants qui éloignent de la foi en Jésus-Christ. D’autres, sans adhérer à de telles approches, ont simplement laissé refroidir leur foi au Christ, ce qui a d’inévitables conséquences négatives sur le plan moral. »
Quelle réponse donner à cela ? Quelle attitude avoir face à cette situation ? Comment rester ferme dans la foi ? Nous avons à notre disposition plusieurs moyens très concrets, qui demandent peut-être une exigence de vie, mais qui nous assurent d'entrer peu à peu dans cette vie de foi en Jésus-Christ.
Premièrement, vous avez été baptisés, je pense, et confirmés. Si parmi vous, certains ne sont pas confirmés, qu’ils s’y préparent et reçoivent le sacrement de la confirmation. Etre chrétien, c’est être baptisé et confirmé. Par le baptême et la confirmation, nous recevons la vie divine. Et nous nous laissons transformer par ce don de Dieu que nous avons reçu. Ce n’est pas d’abord quelque chose à acquérir, mais c’est quelque chose que nous devons laisser déployer dans notre vie, et prendre les moyens de faire plus. C’est aussi parfois protéger ce que nous avons reçu, pour que cela ne disparaisse pas. Et sur ce chemin, il faut d’abord se dégager des éléments perturbateurs. Nous sommes dans un monde de culture du moi. Notre civilisation occidentale nous a tellement centrés sur nous-mêmes que nous avons beaucoup de mal de nous dégager de nous. Dans la foi, nous sommes appelés à nous décentrer de même pour nous centrer sur Dieu et les autres. Et c'est là que nous avons besoin de l'Eglise.
Un des grands moyens pour rester ferme dans la foi est la confiance en l'Eglise dans la transmission de la foi. C'est l'Eglise qui en garantit le contenu. Dans sa Lettre aux Colossiens, vous l'avez entendu, saint Paul nous prévient : « Prenez garde à ceux qui veulent faire de vous leur proie par leur philosophie trompeuse et vide fondée sur la tradition des hommes, sur les forces qui régissent le monde, et non pas sur le Christ ». Aujourd'hui comme au temps de saint Paul, de nombreux courants de pensée, de nombreuses philosophies séduisantes ont pignon sur rue… parce qu'elles sont plus « modernes », soi-disant « adaptées à la société d'aujourd'hui », parce qu'il faut bien « vivre avec son temps »... Certaines de ces idéologies ont conduit aux plus grands massacres dans l'histoire de l'humanité… Mais, au cours des âges, toutes ont passées, toutes ont vu leur déclin arriver parce qu'elles n'ont jamais réussi à combler la spiritualité de l'homme, parce qu'elles n'étaient pas bâties sur la vérité. Dans le même temps, l’Eglise, souvent qualifiée d’obscurantiste, de ringarde, de décalée, elle, a perduré. Et si nous ouvrons un peu les yeux avec honnêteté, nous pouvons même nous apercevoir combien l’Eglise peut être prophétique dans ce qu’elle dit et propose, et combien le message de l’Evangile rejoint vraiment l’attente des hommes. Mais il faut un peu de travail pour le découvrir et pour prendre de la distance avec les idéologies, les pensées pseudo-scientifiques qui sont fausses et qui perturbent l’imagination et l’intelligence.
Pourquoi l’Eglise et son message ont-ils cette puissance ? Parce que, même si tous les membres de l'Eglise sont pêcheurs, l'Eglise n'est pas gouvernée par des hommes, mais par Jésus-Christ, et que la vérité de son message n'est pas l'œuvre d'hommes qui seraient supérieurs aux autres en sagesse ou en connaissance, mais celle de Dieu lui-même.
On ne peut pas grandir dans la foi sans l’Eglise. Il ne s’agit pas seulement de ne pas être seul, mais il nous faut entrer dans la foi de l’Eglise, s’y appuyer. A la nuit de Pâques, ou quand on est confirmé, on renouvelle les promesses de la foi. Il y a un dialogue entre le célébrant et l’assemblée qui se fait en deux temps. D’abord, il est demandé : « Rejetez-vous le mal ? Rejetez-vous ce qui conduit au mal ? » A ces questions, on répond : JE le rejette. Ensuite, le célébrant demande à l’assemblée : « Croyez-vous en Jésus Christ ? Croyez-vous en l’Eglise ? » On ne répond pas : « Oui, je le crois », mais « NOUS croyons ». « Je le rejette » suppose une conversion personnelle, un travail sur soi qui passe par la volonté. La foi, elle, s’appuie sur celle de l’Eglise.
Et cette appartenance à l’Eglise n’est pas quelque chose d’abstrait : elle se décline pour chacun de nous par l’appartenance à une communauté, à un groupe. Personne n’est chrétien tout seul ! Etre chrétien, c’est être lié à une communauté de foi. Au cours de ces JMJ, je vous invite, non seulement à vérifier la force et le contenu de votre foi, mais aussi votre attachement à l'Eglise, l'amour que vous lui portez.
Ce « dépôt de la foi », cette connaissance de Dieu qui se révèle lui-même, transmis par l'Eglise au cours des âges, se base essentiellement sur les Saintes Ecritures, sur la Bible. C’est pour cela que toute prière, toutes action de l’Eglise et d’un chrétien sont basées, menées, irriguée par l’Ecriture Sainte. N'hésitez pas à vous plonger dedans, même si cela paraît parfois obscur. Vous apprendrez à y connaître Dieu tel qu'il est, par l’intermédiaire de son Fils le Christ Jésus, et à recevoir des conseils et enseignements pour mener une vie heureuse et bien remplie. Il faudrait en fait que l'Ecriture Sainte soit notre deuxième langue, que nous parlions couramment la langue de l'Ecriture Sainte. Toute l’Ecriture parle de Jésus. Ne la lisez pas en étant centré sur vous-même, ni en y projetant vos propres idées. Lisez-la en regardant Jésus, comment il est, ce qu’il fait, ce qu’il dit, à qui il parle... En comprenant quelque chose du mystère du Christ, l’ensemble de notre vie change. En vous approchant de cette manière-là de Jésus, petit à petit, vous le découvrez. « Qui me voit, voit le Père » dit Jésus à l’apôtre Philippe dans St Jean (Jn 14, 9). Quand nous voyons Jésus, quand nous le voyons faible dans la crèche à Noël, quand nous le voyons parler, quand nous le voyons regarder le jeune homme riche, quand nous le voyons pleurer sur Jérusalem, quand nous le voyons souffrir, quand nous le voyons avoir le sentiment d’être abandonné de son Père sur la Croix, quand nous le voyons mourir sur la Croix, nous voyons Dieu. Nous découvrons l’amour de Dieu, que nous sommes aimés, jusqu’au pardon. Il faut toute une vie pour aller jusqu’au bout de cette démarche
La connaissance purement intellectuelle du Christ serait sèche et aride si elle ne s'accompagnait pas de la prière. Il est nécessaire, en plus de la Messe dominicale, de prendre régulièrement un temps de prière, d'oraison comme on dit en langage savant, mais qui n'est rien d'autre qu'un dialogue avec le Seigneur. Faustino, un jeune espagnol mort à l’âge de 16 ans d’une grave maladie, n'hésitait pas à parler avec le Seigneur de matchs de football, de ses notes scolaires comme de ses amitiés ou de ses interrogations personnelles. Si Dieu est père, alors il s'intéresse à l'ensemble de notre vie. Là encore, les JMJ vous appellent à entrer dans cette vie intérieure.
Il ne faut pas hésiter non plus à fréquenter les sacrements, et particulièrement ceux de la Réconciliation et de l'Eucharistie. Ils nous donnent les forces nécessaires pour nous renouveler et persévérer malgré nos faiblesses et les obstacles placés sur notre route, parce qu’ils nous font communier à la vie de Dieu lui-même. L’eucharistie est une nourriture, c’est la vie divine. A la messe, la qualité de l’animation ou de l’homélie ne sont pas le plus important. A chaque eucharistie, par notre présence, nous participons au mystère même de la Rédemption, nous recevons la vie divine. Et par la confession, nous recevons un nouveau cette vie divine que nous l’avons perdue amoindrie par le péché.
Enfin, la foi grandit et se fortifie quand on la partage. Mais cela, nous en parlerons dans la catéchèse d'après-demain.
Pour terminer, laissons la parole à Benoît XVI : « ‘A ce moment, Jésus dit à Thomas : ‘‘Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru’’ (Jn 20, 28)’. Il pensait au chemin de l’Eglise, fondée sur la foi des témoins oculaires, les Apôtres. Nous comprenons alors que notre foi personnelle en Christ, née d’un dialogue irremplaçable avec lui, est liée à la foi de l’Eglise : nous ne sommes pas des croyants isolés, mais, par le Baptême, nous sommes membres de cette grande famille, et c’est la foi professée par l’Eglise qui donne assurance à notre foi personnelle. Le Credo que nous proclamons lors de la Messe du dimanche nous protège justement du danger de croire en un Dieu qui n’est pas celui que Jésus nous a révélé… Remercions sans cesse le Seigneur pour le don de l’Eglise. Elle nous fait progresser avec assurance dans la foi, qui nous donne la vraie vie (cf. Jn 20, 31)… Et à l’heure de la mondialisation, soyez les témoins de l’espérance chrétienne dans le monde entier : nombreux sont ceux qui désirent recevoir cette espérance ! Devant le tombeau de son ami Lazare, qui était mort depuis quatre jours, et avant de le ramener à la vie, Jésus dit à Marthe : ‘‘Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu’’ (Jn 11, 40). Vous aussi, si vous croyez, si vous savez vivre et témoigner de votre foi chaque jour, vous deviendrez instruments pour faire retrouver à d’autres jeunes comme vous le sens et la joie de la vie, qui naît de la rencontre avec le Christ ! »