INTERVENTION PLEYBEN – LANCEMENT MISSION 2012 – 25.09.10 |
|
| Le 25 septembre 2010 | |
|
Chers amis, le rassemblement que nous vivons en ce jour est exceptionnel. Pour la première fois, se rassemblent ceux qui ont, d'une façon ou d'une autre, une responsabilité pastorale dans notre diocèse : prêtres, diacres, délégués des religieux et religieuses, séminaristes, conseil pastoral diocésain, responsables de mouvements et services diocésains, laïcs en mission ecclésiale, adjoints en pastorale scolaire, équipes pastorales délégués locaux mission 2012, membres de l'atelier 2012... Cela n'était jamais arrivé auparavant d'une telle manière. Il y a donc une vraie joie à nous retrouver, à admirer, en nous regardant les uns les autres, l'action de Dieu dans notre diocèse : il suscite toujours parmi son Peuple des personnes qui, généreusement, décident de se mettre au service de l'annonce de l'Evangile et au service de leurs frères et sœurs. Pour ma part, je suis vraiment heureux de vous rencontrer ainsi et de savoir que notre diocèse peut compter sur vous. Je vous remercie d'avoir répondu à mon invitation pour cette journée, mais surtout je vous remercie pour tout le travail apostolique que vous accomplissez tout au long de l'année, auprès de toutes nos communautés d'Eglise. Mission 2012, vous le savez, veut être pour tous un signe d'espérance et de confiance dans l'œuvre de l'Esprit Saint. Beaucoup le perçoivent déjà ainsi. C'est une démarche spirituelle qui veut nous renouveler dans notre foi, notre espérance et notre charité. Elle le fera en sensibilisant une fois de plus tous les fidèles à l'urgence de la fraternité et de l'annonce de l'Evangile dans un monde inquiet et en manque de repères. La question lancinante de notre humanité : « Qui nous fera voir le bonheur ? » (Psaume 4, 7), reste posée et nous avons de quoi y répondre. Mais pour en avoir la force, il nous faut nous replacer devant le Christ, pour qu'il prépare lui-même notre cœur et pour que puissions l'entendre nous dire ce qu'il veut pour son Eglise qui est à Quimper et Léon ; il faut lui demander qu'il nous indique la voie à suivre pour l'avenir. En effet, il ne suffira pas de réorganiser les choses pour qu'elles évoluent. Il faut d'abord que les cœurs soient préparés au changement. Et nous savons que ces changements sont d'abord des changements de mentalités, des changements du cœur. Seul Dieu a le pouvoir de changer les cœurs. Nous devons donc le lui demander. En effet, il ne suffira pas de réorganiser les choses pur qu'elles évoluent. Il faut d'abord que les cœurs soient préparés au changement. Et nous savons que ces changements sont d'abord des changements de mentalités, des changements du cœur. Or Dieu seul a le pouvoir de changer le cœur de l'homme. Nous devons donc le lui demander. Tout au long de cette marche de deux ans, nous allons ensemble inventer les moyens pour faire entrer ceux dont nous avons la charge dans cette logique. Nous le ferons en particulier en essayant de redécouvrir avec émerveillement les multiples réalisations déjà existantes et la nouveauté de l'Esprit Saint, en découvrant que nous avons des raisons sérieuses d'espérer : le Christ est toujours là , c'est lui le Maître, il guide son Peuple, et il nous en donne de multiples signes. Et cette matinée vous a déjà fait admirer des signes magnifiques qui existent dans notre diocèse. Cela ne fait pas beaucoup la hune des journaux, mais c'est pourtant fondamental, car cela rejoint la profondeur, le sens même de l'existence humaine. Nos communautés sont certes fragiles, vulnérables... Et en même temps, elles sont habitées, remplies de la force de Dieu. « C'est quand je suis faible que je suis fort », disait St Paul. Il nous faut compter et nous appuyer sur la force de Dieu. C'est lui qui nous fera bouger intérieurement et extérieurement. C'est cela que Mission 2012 veut nous faire redécouvrir. Et après Mission 2012 ? Pendant que l'ensemble des fidèles de notre diocèse suivra Mission 2012, je vais réfléchir, avec tous mes conseils épiscopal, presbytéral, pastoral et aux affaires économique, à leur mesure et suivant leur mission propre, sur l'avenir de la vie pastorale dans notre diocèse. Nous savons tous que des évolutions sont nécessaires pour faire face aux nouveaux défis de notre temps, et dans de nombreux lieux elles sont attendues et réclamées. Cette réflexion a déjà commencé, et elle va s'inscrire dans ce qui a déjà été fait. Je pense en particulier au parcours synodal de 2003. J'entends aussi des prêtres et des équipes pastorales me demander une espèce de guide pastoral, donnant des grandes orientations et des outils pour les différents domaines de la vie pastorale. Tous les chantiers que nous avons déjà ouverts, comme le Centre spirituel de Créac'h Balbé, le Pôle Jeunesse, le catéchuménat des jeunes, les Jeunes adultes, la préparation catéchuménal des mariages, les orientations sur les funérailles, pour ne citer que ces chantiers, y prendront leur place... Mais il nous faudra aussi y donner des repères sur la manière de collaborer et de déléguer le plus grand nombre possible de responsabilités à un maximum de personnes, suivant les différents états de vie et ministères, puisque tous les baptisés sont responsables de la vie et de la Mission de l'Église ; réfléchir aussi sur le binôme proximité/mutualisation, sur le travail en doyenné, sur l'aide, même technique, à apporter aux prêtres pour qu'ils puissent au mieux remplir leur ministère, sur leur répartition dans notre diocèse, sur l'encouragement et le soutien des vocations consacrées... L'accueil de forces nouvelles, comme les sept prêtres étrangers que nous recevons dès cette année, devra aussi être envisagé. Comment va se passer ce travail ? Il me semble qu'il faut d'abord commencer par une réflexion théologique sur les principaux aspects de la Mission de l'Eglise, pour voir ensuite comment les mettre en œuvre aujourd'hui. Je crois aussi qu'il sera bon de bénéficier des expériences des autres diocèses et de tout le travail qui est fait depuis plusieurs années au niveau de la Conférence des Evêques de France sur l'avenir des communautés chrétiennes. L'écoute du terrain sera aussi primordiale : le travail avec mes différents conseils et les visites pastorales de doyennés, des services diocésains et des mouvements, que je vais initier dès janvier prochain, à raison d'une à deux par mois jusqu'en avril 2012, seront des éléments parmi d'autres de cette écoute. Et en plus de la réflexion faite dans mes conseils, j'ai l'intention de mettre en place un groupe de relecture pour ce guide pastoral : ce groupe serait composé de prêtres, de diacres, de religieux et de laïcs ; des théologiens seraient aussi sollicités dans ce travail. Le grand rassemblement de Pentecôte 2012 devrait voir la publication de ces orientations et sera un envoi en mission pour une nouvelle étape dans la vie de notre diocèse... Tout cela peut vous paraître ambitieux. Mais le Christ nous entraîne dans sa Mission. Il nous fait confiance pour cela. Plutôt que de voir dans cet appel simplement un devoir, nous devons nous émerveiller de ce Dieu veuille avoir besoin de nous et nous fasse la grâce de participer à la grandeur de son plan d'amour pour l'humanité. L'Évangile nous montre souvent les foules qui accourent vers Jésus. Il y a, semble-t-il, une grande différence entre ce qui se passait là et notre situation actuelle. Certes, nous connaissons des personnes qui ont faim et soif de Dieu, mais nous en connaissons aussi beaucoup d'autres qui construisent leur vie sans se bousculer pour écouter Jésus. Et cependant, nous savons aussi que le Seigneur vient, de mille manières, à la rencontre de tout homme et de toute femme. Il compte sur nous pour servir cette rencontre, où que nous soyons et quelle que soit notre situation sociale ou matérielle. Cela peut paraître étrange, impensable, voire imprudent de la part de Dieu, vu nos maladresses et nos faiblesses. Mais en nous offrant de vivre pleinement de notre baptême et de notre confirmation, en nous appelant à prendre au sérieux l'appel à la sainteté qu'il nous adresse, en nous poussant à aller vers les autres pour leur annoncer le Royaume, le Père ne nous propose pas moins que de rejoindre son propre Fils dans son œuvre de Salut. C'est une grâce de pouvoir vivre une telle démarche diocésaine, d'en avoir la possibilité et le désir. Mais c'est en même temps un beau défi. Je souhaite que cette journée soit pour vous source de joie et d'espérance ; que, tout à l'heure, vous quittiez Pleyben heureux de vous être retrouvés et d'avoir partagé la foi qui nous anime, d'avoir découvert un peu plus que notre Eglise est belle. Et je vous invite à parler dès ce soir ou demain autour de vous de ce que nous avons vécu ici, et de faire comme la Samaritaine qui, après sa rencontre avec le Christ, alla prévenir tout son village : « La femme alors laissa là sa cruche, courut à la ville et dit aux gens : "Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le Christ ?" Ils sortirent de la ville et ils se dirigeaient vers lui. » L'attente dans notre diocèse est grande. Il s'agit de ne pas la décevoir ; mais je sais que le Seigneur peut compter sur vous, sur vos talents et votre générosité. Mettons-nous à son écoute pour qu'il ravive notre espérance. Bonne route avec Mission 2012. |
|
|
+ Mgr Le Vert |
||||