INTERVENTION POUR LES RENCONTRES D'OCTOBRE 2010 EN PAROISSE |
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| Octobre 2010 | |
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 Mgr, avec votre lettre pastorale « Si tu savais le don de Dieu », dans sa version pour tous ou dans la version spéciale pour les jeunes, vous nous annoncez que vous faites entrer le diocèse dans la démarche Mission 2012. Quel est le but de Mission 2012 et quels objectifs visez-vous ? Mission 2012 se veut être un signe d'espérance et de confiance dans l'œuvre de l'Esprit Saint. C'est une démarche spirituelle qui a comme objectifs : - de nous replacer devant le Christ, pour lui demander avec insistance, individuellement et en communauté, qu'il nous indique la voie à suivre pour l'avenir, ce qu'il veut pour son Eglise qui est à Quimper et Léon ; - pour qu'il prépare lui-même notre cœur à accueillir cette volonté et la mettre en œuvre ; - de découvrir avec émerveillement les multiples réalisations déjà existantes et la nouveauté de l'Esprit Saint ; - et en même temps de nous renouveler dans une vie en Eglise plus fraternelle et plus missionnaire. Nous devons de plus en plus prendre conscience que c'est à chacun d'entre nous d'annoncer le Christ à ceux qui nous entourent. C'est une démarche qui est proposé à tous, catholiques ou non, pratiquants ou non, car tous, d'une façon ou d'une autre, même ceux qui semblent éloignés du Christ, car tous nous sommes des « chercheurs de Dieu », et tous, nous avons en nous un besoin inné de Dieu. J'invite ainsi à privilégier en particulier l'approche intergénérationnelle et à faire des propositions aux jeunes, aux enfants, aux jeunes parents... Mission 2012 est aussi une démarche avec des rendez-vous diocésains, mais également qui laisse une large place à des possibilités d'initiatives locales. En ce mois d'octobre, tout le diocèse se lance donc dans Mission 2012 par ces rencontres d'ensemble paroissial qui comporte une messe, un temps de formation et un temps convivial. Au cours de ces rencontres, les gens sont invités à partager sur un texte d'Ecriture. Pourquoi est-ce donc si important de se partager ainsi à partir du texte biblique ? Il est impossible d'annoncer le Christ sans le connaître. Et il est impossible de vivre dans une vraie communion fraternelle si nous ne sommes pas rassemblés par quelqu'un. Or la manière privilégiée que nous avons de connaître le Christ et son Evangile, c'est l'Ecriture Sainte, avec la Tradition de l'Eglise. Car le véritable enjeu dans notre rapport, notre dialogue avec Dieu, n'est pas simplement ce que nous avons à lui dire, mais d'entendre ce que lui veut nous dire, car nous sommes sûrs que c'est une parole de bonheur. Et c'est en particulier par l'Ecriture que nous entendons cette parole. Le concile Vatican II nous a rappelé qu'il fallait que « l'accès à la Sainte Ecriture soit largement ouvert aux chrétiens » (Dei Verbum 22), en rappelant ce que dit St Paul dans plusieurs de ses lettres : « Toute écriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice, afin que l'homme de Dieu se trouve accompli, équipé, pour toute œuvre bonne » (2Tm 3,16-17) ; « tout ce qui a été écrit, l'a été pour notre instruction, afin que, par la patience et la consolation venant des Ecritures, nous possédions l'espérance » (Rm 15,4). Car « l'ignorance des Ecritures, c'est l'ignorance du Christ », disait déjà St Jérôme. L'Ecriture Sainte a ceci de particulier que c'est une parole pour tous, jeunes ou anciens, riches ou pauvres, croyant déjà avancé dans la foi ou non..., et qui rejoint le cœur de notre existence d'une manière étonnante. Ella a été donnée par Dieu depuis les origines de la foi, mais elle est redonnée à chaque génération, pour être interprétée et vécue avec toute l'Eglise. Nous avons la chance dans notre diocèse d'avoir une tradition de groupe biblique et de partage autour de la Bible. Il faut développer cela et inventer de nouvelles manières d'enter dans cette intimité avec l'Ecriture Sainte. C'est vital pour notre foi. Pour Mission 2012, vous demandez au diocèse de creuser davantage l'Evangile de Jean. Pourquoi choisir Saint Jean ? Il est vrai que cet évangile n'est peut-être pas le plus facile. Mais selon sa méthode propre, l'Evangile selon St Jean offre à celui qui le lit un chemin d'approfondissement incomparable de la vie chrétienne. Il peut nous permettre de redécouvrir les fondements de notre foi. Il est intéressant de noter que c'est cet évangile qui est lu en priorité lors du Carême pour l'ultime formation des adultes qui demandent le baptême, les catéchumènes. Et nous sommes tous un peu des catéchumènes, qui avons besoin sans cesse d'approfondir notre foi. L'Evangile selon saint Jean est un Evangile rempli de rencontres de Jésus avec toutes sorte de personnes très diverses : un savant comme Nicodème, ou la samaritaine, ou des malades, ou Marie-Madeleine, Pierre et Thomas après la résurrection... Des rencontres lumineuses, qui changent complètement la vie de ceux qui les ont vécues... C'est un Evangile qui offre ainsi un cheminement pour chacun, qui va au cœur de la foi... Et en même temps, il montre des gestes simples et forts comme celui du lavement des pieds, ou du miracle de Cana... N'ayons pas peur de dépasser les premières difficultés et de nous saisir de cet Evangile, qui est à la fois très concret et très profond. Pour l'échange qui va suivre, quels conseils donnez-vous à ceux qui vous écoutent : Je les invite à être attentifs au texte de l'Ecriture avec lequel ils vont maintenant partager. Qu'ils n'aient pas peur de le relire plusieurs fois avant de commencer le partage, en invoquant l'Esprit Saint. Et avant de découvrir ce que ce texte a à dire à chacun pour sa vie, il est bon de découvrir d'abord ce que dit ce texte, objectivement, ce qu'il nous apprend sur le Christ en lui-même, sur son Eglise, sur la foi, sur l'homme... Et ensuite, j'invite chacun à oser s'exprimer à partir de ce texte. L'Evangile est pour tous et chacun peut en dire quelque chose, même s'il se sent timide, même s'il croit qu'il n'a « pas le niveau » ou pense qu'il n'a rien à dire. Car ce texte n'est pas un texte comme les autres : il est inspiré par Dieu, et à travers lui, Dieu veut toucher le cœur de chacun. Ecouter aussi ce que les autres disent du texte : Dieu s'exprime également par les autres, et c'est un chemin de conversion pour chacun que de savoir écouter les autres. Nous nous montrons ainsi les uns aux autres la voie vers le Christ. Enfin, dans une quatrième étape, oser prier avec ce texte, et exprimer cette prière, avec ses mots à soi. L'écoute de la Parole de Dieu permet de faire grandir la foi ; ce progrès permet un échange ; l'échange conduit à la prière ; la prière éclaire l'action que nous sommes appelés à faire. Il ne faut donc pas oublier cette étape essentielle de la prière, qui nourrit l'action et nous garde dans l'humilité. Si nous faisons ce cheminement, nous risquons fort d'être surpris par les trésors qui s'y cachent. Finir par une Parole d'encouragement : ouverture sur l'Espérance. Pour terminer, comme je l'ai dit dans ma lettre pastorale, les difficultés de notre temps pour l'annonce de l'Evangile ne sont pas des anomalies étranges, mais les conditions de la Mission, qui connait à chaque époque des contraintes particulières. Notre grâce, c'est de recevoir l'Esprit du Christ pour vivre son Évangile et l'annoncer aux hommes et aux femmes de notre temps, avec les moyens qui sont les nôtres. Devant la tentation de la tristesse ou du découragement, nous pouvons faire mémoire des dons reçus et de nous tourner vers la source de tout don et de toute espérance. Nous sommes sûrs que le Christ nous aime et aime notre Eglise ; nous sommes sûrs qu'il veut pour elle un avenir, même si nous ne savons pas lequel. L'Évangile du Christ nous donne une vision positive de l'existence humaine et nous permet de voir l'avenir comme une promesse. C'est pourquoi je ne crains pas de vous encourager à entrer dans Mission 2012 avec persévérance et espérance, et en partageant cette espérance à ceux qui vous entourent. |