
L'idée d'écrire ces contes vient de l'époque où j'étais athée. Le jour de Noël, même en étant athée, on est ému par quelque chose. Le jour de Noël, il y a quelque chose de différent et même les loups s'humanisent un peu. Je me souviens d'avoir chanté dans une prison le soir de Noël. Entouré d'assassins, de voleurs... il se passait bien quelque chose de différent ce soir-là.
Le jour de Noël, des choses se passent, rien n'est comme d'habitude.
Le temps de l'écriture
Le temps de l'écriture a été assez court. C'est le rencontre de l'imprimeur François Lederman qui est à l'origine du projet. Je me suis engagé à écrire des contes en deux mois et, si le résultat pouvait émouvoir les lecteurs, on lançait son impression.
Et bien sûr, il est toujours plus facile d'écrire lorsque l'on est touché par le sujet, ému par cette fête.
La naissance du Christ, ce mystère, me touche. Et quand vient Noël, je me sens heureux d'exister et je profite de cette période pour arriver à la réconciliation, pour devenir bienveillant et fraternel.
Le monde va mal et j'ai toujours l'impression que tout peut encore changer. Pour moi, le christianisme est la religion de l'avenir.
Au fil des pages…
"Il s'appelait Noël"
Ce premier conte aborde le thème de la pauvreté et de la porte ouverte aux autres.
C'est dans la pauvreté, la lucidité, que l'on retrouve l'humilité et que le connaît ses talents.
J'aime beaucoup ce que je disais François d'Assise : "J'aime les malades pour les guérir, j'aime les pauvres pour les enrichir, j'aime les méchants pour les rendre gentils".
"Il voulait mourir à Noël"
Le plus beau compliment que l'on m'ait fait : "Tu es un chanteur pour déprimés", dans le sens où je les aide à se sentir mieux.
Touché par le thème de la mort, de la solitude et du suicide, je voulais parler de la mort morale, des hommes qui renoncent à leur dignité.
"Il voulait fêter Noël"
Ce conte est un clin d'œil à une histoire presque vécue. Des amis juifs et musulmans me faisaient remarquer que, dans le livre, je dis que tous les hommes sont mes frères. Effectivement, en tant que chrétien, tous les hommes sont mes frères.
Le conte "La pierre d'Huelgoat" a un message particulier que m'a soufflé un bouddhiste : "Vous courrez sans arrêt alors qu'il faut attendre que les choses viennent d'elles-mêmes." Une vérité illustrée par une scène qui s'est passée à Huelgoat. Alors que des tas de gens brutalisent la fameuse pierre pour la faire bouger, un jour, un enfant s'y est adossé et a su trouver le geste juste pour la faire chanceler. Trouvons, nous aussi, le geste juste !
Noël, le temps de dire "Merci !"
Chaque année, en cette période, c'est l'enfant qui est en moi qui ressuscite.
Noël nous pousse à aller vers la simplicité, être reconnaissant envers Dieu pour tout ce qu'il nous offre.
Maxime Piolot raconte "Même les loups fêtent noël"
8 contes de Noël illustrés par Jacques Dary.
Propos recueillis pour RCF Rivages.